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Japon: le plus ancien condamné à mort va être rejugé

BFM La rédaction
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Après avoir passé un demi-siècle en prison, le plus ancien condamné à mort va être rejugé au Japon. De nouveaux éléments sèment le doute sur sa culpabilité.

Il a passé 48 ans derrière les barreaux et pourrait être rejugé cette année. Le tribunal de Shizuoka (sud-est du Japon) a décidé jeudi de rouvrir le procès d'Iwao Hakamada, aujourd'hui âgé de 78 ans, admettant des doutes sur sa culpabilité.

Arrêté en 1966 et condamné à la pendaison deux ans plus tard, Iwao Hakamada se morfond dans le couloir de la mort en attendant son exécution depuis près d'un demi-siècle. La cour a donc a suspendu la peine capitale à laquelle avait été condamné cet homme", a expliqué un officiel. La date du nouveau procès n'a toutefois pas été fixée.

Tests ADN négatifs

Cet ancien employé d'une usine de soja, un temps boxeur professionnel, avait été reconnu coupable d'avoir tué son patron, la femme de ce dernier et leurs deux enfants. Mais ces dernières années, de nouveaux éléments, dont des tests ADN négatifs, sont apparus, qui plaident pour l'innocence de Iwao Hakamada.

L'intéressé a toujours clamé qu'il n'était pour rien dans ce quadruple meurtre, même s'il avait signé des aveux, selon lui sous l'insistance musclée des policiers. Il s'est rétracté ensuite, mais en vain. Sa peine capitale avait été confirmée par la Cour suprême en 1980. Un comité de soutien, ainsi que l'association du barreau japonais, exigeait depuis longtemps une révision du procès.

Le juge pas convaincu de la culpabilité d'Hakamada

L'annonce de ce revirement dans la tristement célèbre "Hakamada jiken" (affaire Hakamaka) interpelle sur la qualité de la justice japonaise, surtout durant ces années 1960, dans un pays où, aujourd'hui encore, 99% de ceux qui sont poursuivis devant les tribunaux sont jugés coupables.

Même l'un des juges qui avaient prononcé la peine capitale à l'encontre de Iwao Hakamada dit désormais qu'il n'avait jamais été convaincu de sa culpabilité mais qu'il n'avait pu "retourner" le vote de ses collègues.

Après l'exécution de deux prisonniers en décembre dernier, il reste 129 condamnés à la peine capitale dans l'antichambre de la mort au Japon, selon le ministère de la Justice.