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Elections en Italie : Beppe Grillo, populiste populaire

Beppe Grillo, lors d'un meeting à Bergame le 12 février dernier

Beppe Grillo, lors d'un meeting à Bergame le 12 février dernier - -

L'ancien comique multimillionnaire est en passe d'être la surprise des élections générales qui se tiennent dimanche et lundi en Italie malgré un penchant populiste à appuyer sur le dégoût politique des Italiens.

Comme ailleurs en Europe, la politique ne prête plus vraiment à rire en Italie. Pourtant, le comique Beppe Grillo, engagé en politique depuis 2009, est en passe de réaliser un excellent score lors des élections générales de dimanche lundi en Italie. Quitte à perturber la formation d’une majorité – il ne pourra pas occuper lui-même le poste de président du Conseil en raison d’une condamnation pour homicide en 1980 - son résultat symbolisera le désamour des électeurs pour la classe dirigeante habituelle. Et tant pis si son programme… n’en est pas vraiment un. Ce qui compte ce sont les meetings et la ferveur populaire.

"Ils nous attaquent, ils sont morts de peur, parce que nous sommes en train de réaliser quelque chose d'exceptionnel", harangue-t-il ses partisans, dans une attitude proche du showman des cabarets où il a débuté dans les années 70. Beppe Grillo est le leader du Mouvement 5stelle (5 étoiles) et un électron libre de la politique transalpine puisqu’il autofinance son action grâce aux millions qu’il a empoché durant sa carrière d’humoriste.

Cette élection, la première post-crise économique, est sa seconde carte après celle des dernières municipales qui ont offert à l’un de ses affiliés la mairie de Parme.

"Vaffanculo Day"

Cheveux et barbe poivre et sel, bouille ronde à la Maradona, à 64 ans, le Coluche transalpin, charme électeurs de droite et de gauche. La comparaison avec le comique français est trop tentante pour y échapper. Même programme fantasque, même gouaille et même facilité à taper sur tous les bords. Un brin populiste même si la version italienne, à la démarche plus sérieuse, se montre aussi plus hargneuse.

Blogueur effréné, et extrêmement lu, Beppe Grillo frappe sans arrêt les médias acquis aux puissants et jette le discrédit sur les élus "professionnels". "La mafia n'étrangle pas, l'Etat et les partis politiques, oui" est l'une de ses sorties les plus célèbres comme le "Vaffanculo Day" est son chef d'oeuvre.

Réduction de la semaine de travail à vingt heures

Fervent partisan de la démocratie directe, il rêve de "citoyens qui s'élisent entre eux" et, surtout, qui "puissent s'administrer eux-mêmes".

Ses revendications pour blouser Mario "Rigor Montis" le "cadavre ambulant" Berlusconi ? Mise en place d'un revenu minimum, coupes dans les dépenses militaires, retrait de la zone euro, réductions des salaires des hommes politiques et des financements aux partis et à la presse, internet gratuit pour tous ou encore la réduction de la semaine de travail à vingt heures.

Croyez-le ou non, il ne plaisante pas. Les 50 à 100.000 conquis qui viennent l’acclamer sur les places de Milan, Rome ou Gênes sa ville natale, non plus.