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Bruxelles: 1 poisson sur 3 n'est pas celui que vous avez commandé au restaurant

BFM M.G.
32 % des poissons servis dans les restaurants bruxellois ont un étiquetage erroné.

32 % des poissons servis dans les restaurants bruxellois ont un étiquetage erroné. - Khaled Desouki - AFP

C'est le résultat d'une enquête menée par l'ONG Oceana auprès de 150 restaurants bruxellois. Les cantines de la Commission européenne et du Parlement ne sont pas non plus épargnées par cette fraude.

Alerte à la fraude alimentaire dans les restaurants de la capitale belge. Selon l’ONG Oceana, qui milite pour la conservation des océans, un poisson sur trois servi dans les restaurants bruxellois ne serait pas celui indiqué sur le menu. Une fraude aux conséquences économiques, sanitaires et environnementales.

L'enquête, menée conjointement avec l'Université catholique néerlandophone de Louvain (KU Leuven), s'est fondée sur 280 échantillons d'ADN prélevés sur des poissons servis dans 150 restaurants bruxellois, ainsi que dans les cantines de la Commission européenne et du Parlement.

Dans 95% des cas, le thon rouge n'en est pas

Conclusion, l’étiquetage était erroné dans 38% des cas, du poisson moins cher étant servi à la place de l’espèce indiquée sur le menu. Pire encore, si vous commandez du thon rouge, vous avez 95% de chances de manger une autre espèce (albacore ou thon obèse). Quant à la sole et au cabillaud, dans 11% des cas, il s'agit de pangasius.

Trois entreprises belges responsables 

"Les tests ADN prouvent une fraude étendue dans les restaurants bruxellois et même dans les institutions européennes. L’UE doit régler cette affaire, prendre des responsabilités et améliorer la traçabilité et l’étiquetage des produits de la mer", a réagi Lasse Gustavsson, directeur adjoint d’Oceana.

Interrogée sur la présence de poisson frauduleux dans ses cuisines, la Commission européenne a souligné que trois entreprises belges étaient responsables de la sous-traitance des cantines des institutions européennes, et que leur contrôle dépendait de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), laquelle renvoie la balle au SPF Economie, l'organisation belge responsable des fraudes économiques.