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Attentats: Salah Abdeslam est "dans le regret" selon son frère

BFM P. P. avec Kelly Laffin
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Alors que Salah Abdeslam est incarcéré en Belgique, son frère Mohamed continue de lui rendre visite au parloir. Ce mercredi, il s'est une nouvelle fois confié à BFMTV sur la teneur de leurs échanges.

Le suspect-clé des attentats du 13 novembre est incarcéré à la prison de Bruges, en Belgique, et dans l'attente de son transfèrement en France, Salah Abdeslam reçoit régulièrement la visite de son frère Mohamed. Ce dernier s'est confié hors micro ce mercredi à BFMTV sur l'état d'esprit du terroriste, quelques minutes après son entrevue au parloir.

"Bien sûr qu'il est dans le regret", a affirmé Mohamed Abdeslam. "Salah veut s'expliquer, s'excuser. Mais il veut le faire en France car ça s'est passé là-bas. Il veut être extradé."

"Il sait qu'il va faire des années de prison, que ça va être long. Trente ou 40 ans, peu importe pour lui. L'important, c'est d'assumer. Il sait aussi qu'il va être confronté aux familles de victimes", a confié le frère du suspect-clé.

"Il ne pleure pas, mais il est ému"

"Nous (sa famille), on sait ce qu'il a fait, on sait ce qu'il n'a pas fait. Mais on ne parle quasiment pas de l'affaire. On parle surtout de tout et de rien. Parce qu'au parloir, avec la vitre, il y a une distance. On n'est pas à l'aise", a également rapporté Mohamed Abdeslam à BFMTV.

"Quand je le vois, il ne pleure pas mais il est ému. Je le vois, je connais mon frère, il a des tics sur son visage. Je vois qu'il est ému mais qu'il veut se montrer fort."

Une famille meurtrie

Dans ses confessions, Mohamed Abdeslam évoque aussi l'état d'esprit de ses proches. "C'est pour ma mère que c'est le plus dur. Moi j'ai beau avoir un frère en prison, un autre qui est mort (Brahim), avoir perdu mon travail, je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort. Je préfère vous montrer mon sourire. C'est ce sourire que je montre à mon frère même si je pleure après."

"Il se sent responsable pour ce qui arrive à notre famille, pour mon licenciement. Bien sûr que Salah regrette mais j'essaie de ne pas l'accabler, je sais que ce qui l'attend va être long et difficile, qu'il a besoin de soutien", a conclu son frère.

Le relais de Salah

Début avril, Mohamed Abdeslam avait déjà rendu visite à son frère à la prison de Bruges. Selon la conversation qu'il a rapportée ouvertement par la suite aux médias, Salah n'aurait pas été mis au courant dès le début des opérations du 13 novembre, et aurait volontairement refusé de se faire sauter ce soir-là. "Si j'avais voulu, il y aurait eu plus de victimes", aurait assuré le terroriste, ajoutant: "Heureusement, je n'ai pas été jusqu'au bout."