Dictature argentine : polémique sur le rôle du pape François

« On imagine mal un cardinal qui se déplace dans les transports en commun, servir des intérêts particuliers, voire ceux d’une dictature », estime le chef du service religion de Pèlerin Magazine. - -
Pas si saint que ça le pape François ? L'élection de Jorge Mario Bergoglio fait resurgir les fantômes du rôle de l'Eglise argentine sous la dictature militaire. En Argentine, des associations de droits de l'homme reprochent au pape François d'avoir été complice du régime en place entre 1976 et 1983. Son nom est notamment cité dans un épisode tragique, l’enlèvement de deux jésuites par des hommes du régime. Ils travaillaient dans des quartiers pauvres et étaient considérés comme subversifs. Selon le témoignage de l'un d'entre eux, Bergoglio ne les a pas protégés : il aurait même aidé la junte à les cacher dans sa maison de campagne. Bergoglio a toujours nié ces accusations.
Une juge française voulait l’entendre
Ces soupçons s'étendent même en France : en 2011, la juge d'instruction Sylvie Caillard avait demandé à l'auditionner en tant que responsable de l'Eglise sur le meurtre du prêtre français Gabriel Longueville, survenu en juillet 1976. La juge voulait l'interroger pour savoir s'il existait des archives sur ce dossier. Il était à l'époque provincial (responsable) des jésuites. Les autorités argentines ont refusé.
En décembre 2012, deux anciens militaires et un ancien policier argentins ont été condamnés à la prison à vie par la justice de leur pays pour ce meurtre. Sylvie Caillard devrait donc refermer le dossier.
« Une attitude trouble, ambiguë »
Christian Teras est directeur de la revue Golias. Selon lui, l'image qui nous est donnée du nouveau Pape est « complètement déformée. Son élection est entachée, explique-t-il, malgré la simplicité avec laquelle il est apparu, par cette attitude trouble, ambiguë – je fais allusion très précisément à ces deux jésuites qu’il n’a pas protégés : ces hommes étaient menacés d’enlèvement, il n’a rien fait pour les mettre à l’abri et je dirai même que nous avons appris que Bergoglio avait dénoncé ces deux jésuites comme étant des personnes susceptibles de provoquer des foyers subversifs ».
« On l’imagine mal servir les intérêts d’une dictature »
Christophe Henning, chef du service religion de Pèlerin Magazine, ne croit pas à ces accusations qui ne collent pas avec la personnalité du "Pape des pauvres" : « On imagine mal un cardinal qui se déplace dans les transports en commun, servir des intérêts particuliers, voire ceux d’une dictature. C’est vrai que ça ne colle pas. Evidemment, on peut se poser toutes les questions, mais l’aspect très soudain de cette polémique déclenchée n’inspire pas tout à fait le sérieux qu’elle devrait avoir si véritablement il y avait un problème ».













