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Crise entre Paris et Rome: nouveau ping-pong de déclarations entre Matteo Salvini et Christophe Castaner

BFM Ambre Lepoivre avec AFP
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Rome et Paris jouent l'escalade verbale depuis le mois de juin. Pour évoquer les sujets de discordes, Matteo Salvini a "convoqué" son homologue Christophe Castaner dans la capitale italienne. La rencontre doit avoir lieu la semaine prochaine.

L'Italie et la France sont-elles en passe de trouver un terrain d'entente? Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a adressé ce vendredi une lettre à Christophe Castaner dans laquelle il l'invite à évoquer les dossiers en souffrance entre les deux soeurs latines. "Depuis toujours, nos pays entretiennent de solides relations bilatérales, en particulier sur la sécurité, le terrorisme et l'immigration", indique-t-il dans le courrier. Ces relations "peuvent et doivent être encore développées dans un intérêt stratégique réciproque."

"On ne me convoque pas"

"Dans ce cadre, je serais particulièrement heureux de vous inviter à Rome, pour une discussion et un échange fructueux sur les dossiers en cours". Dans sa lettre, le ministre de l'Intérieur italien se dit "très intéressé par la collaboration que vous avez proposée sur le rapatriement des migrants économiques".

Mais devant la presse, le leader de la Ligue, parti d'extrême droite, s'est exprimé avec des termes moins cordiaux, parlant d'une "convocation" de son homologue français. Cet après-midi, lors d'un déplacement en Eure-et-Loire, Christophe Castaner a réagi:

"On ne me convoque pas. Hier j'étais avec Matteo Salvini dans une instance européenne. Nous avons échangé, y compris sur les questions migratoires. Le dialogue est constant entre nous. Il faut qu'il soit respectueux." La rencontre "s'est bien déroulée", a-t-il indiqué à propos de jeudi, avant d'ajouter: "Je suis prêt à l'accueillir aussi. Les déplacements diplomatiques doivent se faire de façon officielle." 

Ce à quoi Matteo Salvini a réagi dans un communiqué en début de soirée, après un nouveau ping pong de déclarations soufflant le chaud et le froid."Je ne veux, ni ne peux convoquer personne : je serai heureux d'accueillir en Italie dès que possible mon collègue français pour discuter et résoudre les problèmes".

Fractures en Europe

A l'occasion de cette rencontre entre les deux ministres, "trois questions fondamentales" ont été évoquées: la quinzaine de "terroristes" d'extrême gauche condamnés en Italie mais installés en France, les contrôles "vexatoires" imposés aux travailleurs frontaliers et les refoulements de migrants à la frontière française (60.000 depuis 2017). Dans la journée, la France a fait savoir au ministère de l'Intérieur italien qu'elle était prête à apporter son soutien pour que le pays rapatrie les migrants économiques en Afrique. 

Un début de dialogue s'est ouvert entre les deux payes, qui voient leurs relations se dégrader depuis plusieurs mois. Jeudi, la France a rappelé son ambassadeur en Italie après une série de déclarations "outrancières" de responsables italiens, une rare escalade entre deux pays de l'Union européenne qui cristallise un peu plus les lignes de fracture à quelques mois des élections européennes.