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La Corée du Nord, nouvel eldorado des voyagistes?

BFM Sipa Média avec AFP
Des enfants lors d'une parade à Pyongyang

Des enfants lors d'une parade à Pyongyang - -

Plusieurs tour-opérateurs et distributeurs français viennent d'effectuer un repérage en Corée du Nord pour y jauger les conditions de séjours touristiques.

Le groupe Salaün Holidays, basé en Bretagne et qui pratique assidûment les destinations asiatiques, entend programmer la Corée du Nord dès le printemps 2014, a révélé le quotidien Ouest France. "On devrait organiser les premiers départs en mai 2014, des combinés Chine-Corée du Nord avec 5 jours/4 nuits en Corée du Nord au départ de Pékin, seul aéroport à assurer la liaison avec Pyongyang", a dit le PDG Michel Salaün.

La Maison de la Chine organise déjà depuis plusieurs années des séjours en Corée du Nord: un circuit individuel de 11 jours est proposé "à partir de 3.490 euros" sur le site du tour-opérateur. "Avec le Bhoutan et le Pakistan, la Corée du Nord est l'un des seuls pays d'Asie qu'on ne programme pas pour l'instant", a expliqué Michel Salaün.

"On ne s'y ennuie pas"

Celui-ci a passé la semaine dernière 4 nuits en Corée du Nord et en est revenu "assez enthousiasmé", étant donné "les préjugés négatifs" qu'il avait, liés à ses lectures et ce qu'on lui en avait dit. "C'est un pays à découvrir, la Corée du Nord. On ne s'y ennuie pas, le programme est soutenu, il y a beaucoup de monuments à voir à Pyongyang et la ville de Kaesong, à la frontière avec la Corée du Sud, est magnifique".

Il reconnaît que "c'est un pays un peu fermé, même sans doute très fermé". Le régime communiste de Corée du Nord accepte les touristes étrangers depuis 1987 mais les séjours sont très encadrés.

"C'était plus pesant en Roumanie"

"Mais moi je ne fais pas de géopolitique", argue le dirigeant, "ce que je vois, c'est qu'il n'y a pas de problème de sécurité, les infrastructures d'hôtels et de transports sont bonnes et les guides de très bonne qualité".

Certes, concède-t-il, on ne peut téléphoner que depuis les hôtels car les portables ne passent pas, il est "impossible" de sortir le soir, "pour fumer une cigarette hors de l'hôtel le guide reste avec vous", on ne peut pas avoir de contacts avec la population et hors de question de se promener dans la rue ou de visiter un marché... "Mais je n'ai pas trouvé qu'on était dans une prison. C'était plus pesant en Roumanie dans les années 1980", selon Michel Salaün.

"Abominable"

Programmera-t-il des visites dans un camp de travail en Corée du Nord? "Je ne crois pas que soit des choses à aborder...", a-t-il répondu.

Pour le patron de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, interrogé par l'AFP, "programmer la Corée du Nord, c'est grotesque. C'est une assistance à la mise en oeuvre de la propagande coréenne". "On ne peut rien faire dans ce pays! C'est comme l'Arabie saoudite, c'est abominable..."