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Mali : la durée de la mission française fait débat

BFM Mathias Chaillot avec Camille Maestracci
François Hollande s'est rendu samedi à Sévaré, Tombouctou et Bamako

François Hollande s'est rendu samedi à Sévaré, Tombouctou et Bamako - -

Alors que François Hollande s’est rendu samedi au Mali, la droite s’inquiète du temps que la France passera dans le pays. Si le Mali espère que les forces africaines seront vite opérationnelles, des experts expriment leur scepticisme sur RMC.

Il est arrivé triomphant. François Hollande était en visite ce week-end au Mali, avec des étapes à Sévaré, Tombouctou et Bamako samedi. Le président français a salué le succès des opérations militaires franco-maliennes, tout en rappelant que le terrorisme n'était pas encore vaincu, et a réaffirmé que « la France restera le temps qu'il faudra, nous serons avec vous jusqu'au bout, jusqu'au nord Mali ».
La question du retrait des troupes françaises est donc loin de se poser pour le président de la République. Mais à droite, on s'inquiète. « A quel rythme et selon quelle ampleur la force africaine va se déployer sur le terrain pour prendre le relais de l'armée française ? » s'est interrogé dimanche Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux et ancien Premier ministre. Pour y répondre, un débat sur la présence française au Mali devrait avoir lieu au Parlement fin février, à la demande du chef de file des députés PS, Bruno Le Roux.

« Les Maliens devront prendre leur destin en main »

Tieman Hubert Coulibaly, le ministre malien des Affaires étrangères, souhaite que le relais des forces africaines se fasse dans les meilleurs délais. « Les forces françaises sont intervenues pour sauver notre République, on l’a dit plusieurs fois. Maintenant, il s’agit aussi d’obtenir des moyens de la communauté internationale pour que nous puissions accélérer le déploiement de la Misma. Car c’est facile de nous dire que nos pays ne vont pas vite, mais nos pays sont pauvres, et nous avons besoin de moyens. La France n’a aucune vocation à rester au Mali, ce ne serait pas souhaitable et pas honorable pour le Mali. L’aide de la France a été précieuse, mais à un moment donné les Maliens devront prendre en main leur destin ».

« En dessous de six ou douze mois, peu de choses vont être possibles »

Un optimisme que ne partage pas Alexandre Vautravers, expert en stratégie militaire et directeur de la Revue militaire suisse. « Ça fait plus d’un an que l’on parle de ces forces de la Cedeao qui doivent se mobiliser et arriver sur le terrain, mais en un an, finalement pas grand-chose n’a été réalisée pour qu’une force régionale se mette en place dans le Nord du Mali. En dessous de six mois, douze mois, peu de choses vont réellement être possibles, et ça nécessitera en fait un apport continu, un soutien continu des troupes françaises pendant les prochains six à douze mois, au minimum ».