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Algérie: 6 candidats dont Bouteflika, les dés sont-ils jetés?

BFM A. D. avec AFP
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika candidat à un quatrième mandat.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika candidat à un quatrième mandat. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le président, Abdelaziz Bouteflika, a mis en marche une machine électorale bien rodée pour affronter les cinq autres candidats et assurer sa propre succession. Malgré la contestation et les manifestation, il a vraisemblablement toutes les chances de l'emporter.

Le suspense n'est pas vraiment à son comble sur l'autre rive de la Méditerranée, alors que le président Abdelaziz Bouteflika et cinq autres candidats se disputeront la présidentielle du 17 avril en Algérie.

Dans un communiqué jeudi, le président du Conseil Constitutionnel Mourad Medelci a annoncé les noms des six candidats parmi lesquels, outre Abdelaziz Bouteflika, figurent l'ex-chef du gouvernement Ali Benflis, un indépendant considéré comme le principal challenger du président sortant, Moussa Touati du Front national algérien, et Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des Travailleurs.

Aussitôt après l'annonce des six candidatures retenues sur 12 présentées, la présidence a annoncé un changement à la tête du gouvernement pour permettre au Premier ministre Abdelmalek Sellal de diriger, comme il l'a déjà fait en 2004 et 2009, la campagne électorale d'Abdelaziz Bouteflika.

Youcef Yousfi, 72 ans, un fidèle du chef de l'Etat, a été nommé Premier ministre par intérim.

"Non à un 4e mandat" de Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika a toutes les chances de l'emporter: il bénéficie de la machine électorale des deux principaux partis au pouvoir - FLN (présidentiel) et RND (Rassemblement national démocratique du président du Sénat Abdelkader Bensalah)- et une équipe bien rodée aux rouages de l'administration.

Mais depuis l'annonce de la candidature du chef de l'Etat à la présidentielle, de multiples petites manifestations ont eu lieu dans le pays pour dire "Non à un 4e mandat". Jeudi à Alger, des universitaires ont manifesté et appelé à un "changement de régime". La veille, la police a empêché un rassemblement de chefs de partis partisans du boycottage du scrutin.

Les manifestants se font interpeller par les forces de l'ordre déterminées à étouffer toute contestation, surtout à Alger où les rassemblements sont interdits depuis 2001 sur ordre du Premier ministre de l'époque...Ali Benflis.

Un mouvement citoyen de contestation politique, Barakat ("Ca suffit") mène la contre-campagne. Il réclame une transition et une nouvelle constitution pour créer une seconde république.

Alors que la campagne électorale ne commencera réellement que le 23 mars et jusqu'au 13 avril, la presse a annoncé le lancement d'une chaîne de télévision WIAM ("Concorde") entièrement dédiée au candidat Bouteflika et qui a commencé à émettre à titre expérimental. Les autorités ont en parallèle fermé une chaîne privée Atlas TV, très critique du pouvoir.