L'Ademe propose d'instaurer "un malus pour les climatiseurs mobiles les moins performants"
Des clients regardent les différents modèles de climatiseurs et de ventilateurs, le 15 avril 2004. - Patrick BERNARD / AFP
Les canicules seront plus longues, plus intenses et plus fréquentes à l'avenir. C'est la conclusion du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dans son rapport de 2022. Ces vagues pourraient survenir trois années sur quatre et durer de mai à octobre, amplifiant, dans les villes, le phénomène des îlots de chaleur urbains.
Face à ces périodes de chaleur extrême, le quotidien peut vite devenir invivable. Pas question pour autant de voir dans la climatisation une solution miracle, prévient l'Ademe. L'agence de la transition écologique vient de publier un avis intitulé "Vagues de chaleur: la climatisation va-t-elle devenir indispensable?".
Elle alerte en préambule sur ses dangers: "Les systèmes de climatisation sur air extérieur rejettent de la chaleur dans l'air extérieur, contribuant ainsi à l'aggravation de la surchauffe urbaine." Ces systèmes doivent ainsi être au maximum évités, selon l'agence.
De plus, l'utilisation de la climatisation contribue aux émissions de gaz à effet de serre (à hauteur de 5% en France) et donc au réchauffement climatique. C'est un cercle vicieux puisque c'est bien lui qui est responsable de la multiplication des vagues de chaleur. Par ailleurs, les systèmes de climatisation sont aussi gourmands en énergie.
Si elle ne nie pas la nécessité, dans certains cas, de recourir à des systèmes de refroidissement de l'air, l'Ademe recommande d'éviter les climatiseurs mobiles, voir même d'appliquer un malus à certains d'entre eux.
"Une réflexion sur l'application d'un malus pour les climatiseurs mobiles les moins performants permettrait de favoriser les équipements les moins impactants sur l’ensemble de leur durée de vie (efficaces, pilotables, réparables…)", écrit l'agence.
S'adapter en amont
Actuellement, 25% des ménages sont équipés d'un climatiseur. Dans les cas où il est nécessaire, il est primordial de limiter son utilisation et de respecter la température d'au moins 26°C.
Mais avant d'en arriver là, l'Ademe encourage les autres solutions, plus sobres sur le plan environnemental. En amont, il s'agit notamment de l'isolation thermique des bâtiments et notamment des "bouilloires thermiques". Il est également possible d'agir sur la protection solaire (volets, stores, toits peints en blanc...) et l'adaptation des villes avec la plantation d'arbres par exemple. Enfin les ventilateurs et brasseurs d'air sont également évoqués.
Ces solutions passives doivent permettre au maximum de "retarder la nécessité de recourir à la climatisation active". "Les stratégies d’adaptation nécessiteront ainsi d’être complétées par des apports de rafraîchissement (brasseurs d'air, puits climatique…) ou de froid (géothermie, réseaux de froids, climatisation…) pour maintenir des conditions de confort acceptables", conclut l'Ademe.












