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Nord-Pas-de-Calais: la crise énergétique pèse sur la facture des wateringues

BFM Grand Littoral Jérémy Mahieux et Florine Kurek avec Florian Bouhot
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Nécessaires pour protéger la Flandre maritime des risques d'inondation, ces canaux et leurs systèmes de pompage requièrent chaque année une importante quantité d'électricité pour fonctionner.

Sans elles, 450.000 personnes pourraient se retrouver les pieds dans l'eau. Les wateringues, dont les exutoires sont situés dans les ports de Calais, Gravelines et Dunkerque, permettent la bonne gestion des eaux de pluie.

À marée basse, les eaux douces stockées dans les canaux sont évacuées vers la mer. Mais lorsque cette dernière est haute, les portes sont fermées. Pour éviter tout risque de débordement, les eaux de pluie doivent alors être prélevées.

100 millions de mètres cubes prélevés par an

"Pendant les phases de crue, les phases un peu critiques en fait, c'est 50% de l'eau qui est évacuée par pompage, explicite Philippe Parent, directeur de l'institution intercommunale des wateringues. Si ce système est défaillant, on a des inondations très importantes, avec des dégâts potentiellement importants."

D'autant que la Flandre maritime est un territoire avec "une occupation urbaine, des industries, mais aussi des usages agricoles, donc avec parfois des cultures qu'il faut protéger", rappelle Philippe Parent au micro de BFM Grand Littoral.

Chaque année, ce sont environ 100 millions de mètres cubes d'eau qui sont pompés. Une opération essentielle mais particulièrement énergivore, qui pèse sur le budget de l'Institution intercommunale des wateringues à l'heure où les factures d'électricité explosent.

Vers une hausse de l'impôt local?

"C'est pour cela qu'on a demandé un effort supplémentaire aux collectivités locales, qui ont abondé à hauteur de 600.000 euros supplémentaires déjà sur 2022 pour faire face à cette hausse du coût de l'électricité", note Bertrand Ringot, le directeur.

L'intéressé a également sollicité l'État pour soulager ses finances, en vain. "Nous ne sommes pas dans le régime des communes pouvant être aidés, regrette-t-il. Il faut qu'on se débrouille par nous-même. Donc c'est le citoyen et les collectivités qui font face à cette hausse du coût de l'électricité à ce stade."

Il n'est pas à exclure que l'impôt local grimpe dans le secteur des wateringues à compter de septembre prochain pour compenser la flambée des prix de l'énergie. L'indice pluviométrique en déterminera le montant.