Ce que l'on sait des émanations qui rendent malades les policiers du commissariat de Berck

Ils ignorent encore ce qui les rend malades. Depuis maintenant plusieurs années, les policiers du commissariat de Berck, dans le Pas-de-Calais, se plaignent d'émanations dont personne ne parvient à trouver l'origine. S'ils étaient au départ dérangés par l'odeur, ce sont maintenant des symptômes de plus en plus graves qui sont signalés.
• Maux de tête et problèmes respiratoires
Lorsque les premiers malaises d'employés du commissariat sont signalés en 2014, ce sont d'abord des symptômes légers qui sont rapportés. Des maux de tête, des picotements dans la gorge. Rien qui ne laisse penser que le bâtiment représente un vrai danger pour la santé des policiers. Mais depuis, les symptômes ne cessent de s'aggraver.
Philippe Duré, délégué du syndicat Unité SGP-Police, rapporte "des symptômes plus lourds, avec une dégradation de l'état de santé de certains de nos collègues sur des problèmes au niveau des voies respiratoires."
Il précise également que des analyses d'urine ont été réalisées, "qui ne sont vraiment pas rassurantes." L'AFP rapportait il y a quelques jours que des traces de métaux et de solvants chimiques avaient été trouvés dans ces analyses. Des produits qui pourraient, selon les policiers, provenir du site du commissariat, dont le bâtiment abritait auparavant une blanchisserie et contenait peut-être "des cuves de solvants."
D'autres policiers assurent à l'AFP que les émanations ont débuté après d'importants travaux de voirie réalisés sur le rond-point proche du commissariat en 2013.
• Des travaux réalisés, en vain
La municipalité avait pourtant agi dès le signalement en 2014 d'odeurs nauséabondes dans le commissariat. Des analyses avaient alors été effectuées, et des travaux réalisés sur la tuyauterie et l'aération.
"On a trouvé, à l'occasion de ces expériences, un certain nombre de substances qui peuvent être à l'origine des troubles dont ils souffrent", précise Bruno Cousein, le maire de la commune. "Ce que l'on ignore toujours, c'est la cause, la provenance de ces nuisances."
Si les travaux semblent avoir amoindri les émanations jusqu'en 2017, les policiers de Berck ont signalé des symptômes de plus en plus graves depuis cet hiver. Actuellement, 7 des 50 policiers du commissariat de Berck sont en arrêt maladie, ce qui représente tout de même 15% des effectifs.
• Un nouveau bâtiment pour 2024
Face à cette situation, les autorités promettent de trouver une solution. "Nous avons depuis deux ans une proposition qui semble correspondre au besoin de la création d'un nouveau commissariat", déclare le maire de Berck.
Un nouvel hôtel de police qui ne devrait voir le jour qu'en 2024. En attendant, les policiers sont installés dans des préfabriqués dans la cour du commissariat. La municipalité assure qu'une solution transitoire devrait être proposée aux agents, potentiellement un transfert des effectifs vers le commissariat du Touquet.













