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Calais: le Varan, une créature mécanique, rejoint le Dragon, un emblème de la ville

BFM Grand Littoral BFM Grand Littoral avec AFP
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La créature le Varan, construite par la compagnie La Machine, a rejoint à Calais ce week-end le Dragon, un emblème de la ville. Dans un spectacle féerique, les deux créatures mécaniques se sont retrouvées, sous les yeux ébahis de dizaines de milliers de spectateurs.

Devant des dizaines de milliers de spectateurs, le "Varan de voyage", créature mécanique imaginée par la compagnie La Machine, rejoint ce week-end à Calais le Dragon, devenu en quelques années un emblème de la ville, à l'occasion d'un envoûtant spectacle de trois jours.

Dès la matinée de ce vendredi 8 novembre, le Varan, haut de 4 à 6 mètres selon sa posture et long de 15 mètres, a commencé à arpenter les quartiers périphériques de Calais (Pas-de-Calais). Monté sur une impressionnante mécanique, il paraît prendre vie, soufflant par les naseaux alors qu'il remonte les rues en musique, accompagné par un cortège de curieux.

Dans une émouvante chorégraphie à l'ombre de l'emblématique beffroi de la ville, il a rejoint samedi le Dragon. Cette immense créature de métal de 25 mètres de long et 72 tonnes, installée à Calais depuis 2019, avance pesamment, mouvant sa queue et ses ailes, et crachant du feu.

Une rencontre inédite

Dans l'imaginaire de son créateur, la compagnie La Machine, le Dragon a lancé un cri aux "animaux qui font son ADN", explique le directeur artistique, François Delarozière. Du coeur de l'Australie, le Varan a répondu à l'appel, rejoignant Calais par un long périple à travers "des déserts, des océans, des montagnes".

Sa robe sable marbrée de noir, inspirée du varan Perenti d'Australie, rappelle également des détails d'ouvrage des dentellières de Calais.

La rencontre a drainé des milliers de spectateurs. En 2019, l'arrivée du Dragon avait attiré 400.000 personnes sur trois jours.

Pour Céline, une habitante du coin, venir était très important. "C'est un émerveillement pour les enfants. On vit pas ça tous les jours", déclare-t-elle à BFM Grand Littoral.

"Le Varan est très joli, il est peut-être même plus réaliste que le dragon. Le mécanisme, la taille, la langue, même les yeux. En fait on le voit de plus près car il est plus petit", ajoute-t-elle.

Les deux créatures calaisiennes ont été rejointes par une troisième le temps d'un week-end : Lilith, gardienne des ténèbres, une femme-scorpion qui s'est éveillée vendredi soir sous une pleine lune opportune et un tourbillon de neige artificielle.

"C'est merveilleux"

Entre Lilith et les deux sauriens se joue "une histoire de dualité entre le bien et le mal", selon François Delarozière, dont la compagnie conçoit ces créatures et les présente au public lors de grands spectacles de rue. La gardienne des ténèbres "va utiliser sa magie" pour attirer le Dragon et le Varan "vers la porte des ténèbres".

"Je ne savais pas qu'elle était méchante !", s'exclame auprès de l'AFP Carolina, Chilienne habitant à Dunkerque, 24 ans. "Voir quelque chose de si géant, c'est merveilleux !", lâche-t-elle, soufflée.

Le Varan s'installera à Calais sous le patronage du Dragon, devenu en six ans l'un des symboles de la cité portuaire, où il sort notamment promener des touristes sur son dos.

"Dès qu'on est en sortie dans le coin de la plage, on fait un petit coucou au dragon", sourit Julie Ruffin. "Avec mon compagnon et notre chien, quand on se balade, on passe au dragon. Il fait partie de notre ville. Il fait partie du quotidien."

Une bouffée d'oxygène économique

Alors que le Dragon demeure le long de la plage, le Varan, plus petit, peut se mouvoir plus facilement dans d'autres quartiers et ainsi s'immiscer "dans le quotidien" des Calaisiens, selon François Delarozière. Il doit pouvoir accueillir jusqu'à 25 personnes sur son dos pour de courts circuits au coeur de la ville.

L'arrivée du Dragon à Calais a été une bouffée d'oxygène économique pour ce territoire aux taux de chômage et de pauvreté deux fois supérieurs à la moyenne nationale.

Plus de 200.000 visiteurs ont sillonné la plage à dos de dragon depuis 2019. Selon une étude commandée par la chambre de commerce, sa présence rapporte 15 millions d'euros de retombées économiques annuelles pour l'agglomération.

Raphaël, un enfant présent pour l'arrivée du Varan, a eu la chance de monter sur le dragon. "On a l'impression de voir presque toute la plage, le dragon est en mode promenade. C'est bien qu'on ait des machines comme ça", se réjouit-il auprès de BFM Grand Littoral.

"Ça fait du bien d'avoir sur Calais autre chose que malheureusement une triste actualité", souligne Christophe Wayolle en référence à la crise migratoire à laquelle le nom de Calais est souvent associé. "Ca participe à donner l'image d'une ville dynamique et où il se passe des choses."