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Migrants à Calais: la maire veut que les associations nettoient après les distributions alimentaires

BFM Grand Littoral Corentin Nicolas
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Dans un courrier envoyé mi-août au ministère de l'Intérieur, Natacha Bouchart (LR) demande à l'État de mieux encadrer les distributions alimentaires des associations, qui alimentent, selon elle, l'insalubrité et les nuisances sonores dans sa commune.

"Ce que je veux, c'est que l’État intervienne pour faire appliquer la loi." La maire Les Républicains de Calais souhaite que les associations nettoient désormais derrière-elles après avoir procédé aux distributions de repas organisés pour les migrants dans sa commune.

C'est dans un courrier, envoyé mi-août à Gérald Darmanin et révélé par Nord Littoral ce samedi, que l'élue décrit des distributions qui créent, selon ses mots, "un nouveau point de fixation troublant l’ordre public et impactant la salubrité". Elle demande donc à l’État de contraindre les bénévoles à ramasser les déchets.

Celle qui dirige Calais depuis 2008, réélue pour un troisième mandat au premier tour des municipales en mars dernier, pointe également du doigt l'incivilité des populations exilées, et met en cause leur alcoolisation. "Nous sommes confrontés à une nette recrudescence des troubles à l’ordre public (prise à partie de la population, dégradations de biens privés, jets de projectiles sur les véhicules, intrusions sur la rocade portuaire et sur l’autoroute…) de plus en plus fréquemment perpétrés par des migrants en situation d’ébriété sur la voie publique", énumère-t-elle.

Pour appuyer ses dires, la mairie évoque dans son message, rapporté par Nord Littoral, de nombreux courriers, mails, mains courantes et plaintes des riverains.

Un manque de moyens selon les associations

Pour Natacha Bouchart, il revient également à ces mêmes associations d'"éduquer" les migrants: "Les associations qui procèdent aux distributions de repas doivent (…) s’assurer que les terrains sur lesquels elles se déroulent sont nettoyés et ne pas faire obstacle au travail normal des forces de l’ordre."

Elle déplore par ailleurs qu'aucune base juridique ne lui permette de mettre un terme à ces distributions, qu'elle qualifie par ailleurs d'illégales.

De son côté, l'association La Cabane Juridique renvoie la balle à la mairie et assure qu'elle a également sa responsabilité dans le bon état des lieux. "Le ramassage des déchets ménagers relève lui aussi de la compétence de la Mairie", souligne Tiphaine Roux, membre de l'association, auprès de nos confrères. "Depuis 2015, on demande la mise à disposition des bennes à ordures à proximité des lieux de vie. Cela n’a jamais été fait."