"Quand on voit ça, on a peur": propriétaires et agents de la SPA témoignent des maltraitances au chenil de Wavrin

Des chiens qui ont vécu l'horreur. Au chenil de Wavrin, une centaine de chiens victimes de maltraitances ont été découverts la semaine dernière par les gendarmes du Nord.
Dans cet endroit, les animaux étaient laissés sans eau, malades, dans leurs excréments et sans être lavés pendant plusieurs jours. Cette pratique a pu durer un long moment avant que les gendarmes ne parviennent à fermer les lieux.
Des animaux sans gamelle et plein de puces
Natasha, habitante de Houplin-Ancoisne, a vu sa chienne connaître cette situation il y a deux ans. Après avoir laissé son animal moins d'une semaine au chenil de Wavrin, la Nordiste retrouve sa chienne en mauvais état de santé.
"Quand je l'ai récupérée, elle était toute maigre, pleine de puces, elle était dans un box sans gamelle, pleine de diarrhée, dans un coin. Même la manière dont ils l'appelaient 'la tarée', parce qu'elle avait peur. Quand on voit ça, on a peur", confie-t-elle au micro de BFM Grand Lille, caressant sur son canapé, sa chienne désormais rétablie.
Lorsqu'elle s'aperçoit des mauvais traitements subis par son animal, Natasha signale les faits à la Ligue protectrice des animaux. Une enquête est ensuite ouverte et va durer plusieurs mois mobilisant des dizaines de gendarmes. C'est finalement le 20 avril dernier que le chenil des 2 louveteaux de Wavrin est perquisitionné par les forces de l'ordre accompagnées de plusieurs agents de la SPA (société de protection des animaux).
"Des actes de pendaison sur des chiots"
Jean-Charles Fombonne, président bénévole de la SPA, raconte que ses équipes présentes lors de la perquisition ont été choquées parce ce qu'elles ont vu au chenil de Wavrin et par les exactions qui y ont été commises.
"Il y a des actes de pendaison sur des chiots, les propriétaires les pendent au bout d'une corde et les laissent agoniser, pourquoi, parce qu'ils ne sont peut-être pas assez beaux (...) Il n'y avait ni panier, ni couverture pour que les chiens puissent se coucher, et puis surtout, les gamelles d'eau étaient non seulement vides, mais sèches", souligne-t-il auprès de BFM Grand Lille.
Le bénévole de l'association dénonce aussi l'appât du gain des gérants qui les a poussés à commettre ces maltraitances.
"On était clairement dans une logique de profits, c'est-à-dire que moins je soigne les animaux, moins je répare les bâtiments, moins je mets de chauffage, de paniers, moins je les nourris et plus j'augmente ma marge bénéficiaire" dénonce-t-il.
Ce chenil est désormais fermé, les animaux qui s'y trouvaient encore récemment ont été confiés à la SPA.
Cinq personnes d'une même famille ont été placées la semaine dernière en garde à vue pour “sévices graves" et “actes de tortures envers les animaux”. Les auteurs de ces faits risquent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.













