Nord: les éleveurs de la "ferme de l'horreur" à Wambrechies devant la justice

C’est un grand jour pour les militants de la cause animale. L’audience de la ferme dite "de l’horreur" doit s'ouvrir ce mardi 17 mai, à 14 heures, devant le tribunal judiciaire de Lille. Les éleveurs de cette ferme, située dans le hameau de Cliquenois à Wambrechies, non loin de la capitale des Flandres, comparaissent pour "sévices graves, actes de cruauté et abandon envers des animaux".
L’affaire éclate en 2020 quand Marion Pécher, de l’École du chat à Marcq-en-Barœul, lance une pétition intitulée "La ferme de l’horreur" qu'elle adresse à la Direction départementale de la protection des populations et au préfet du Nord. Photos à l’appui, la militante demande de l’aide pour sauver "des pauvres vaches maltraitées", une trentaine en tout.
Ces dernières se trouveraient dans une ferme du Nord gérée par deux frères. Marion Pécher affirme avoir menée "une enquête approfondie et pris contact avec tous les acteurs de cette histoire sordide".
Une information judiciaire ouverte
Les chiffres s’affolent. La pétition récolte pas moins de 125.000 signatures. L’objectif est d’assurer un avenir décent aux bêtes en les confiant à la fondation Brigitte Bardot. En effet, cette dernière et l’association L214 font de cette ferme "de l'horreur" leur affaire. Elles montent même une manifestation devant la préfecture de Lille et déposent plusieurs plaintes contre les éleveurs.
La machine judiciaire se met en marche. Le parquet de Lille ouvre une enquête préliminaire pour "sévices graves, actes de cruauté et abandon envers des animaux" en 2021. Le même jour, la DDPP dépêche un vétérinaire pour constater l’état de santé des bêtes.
"Ce n’est pas un élevage exemplaire, confiait Magali Pecquery, responsable de la DDPP Nord, également vétérinaire, à nos confrères de La Voix du Nord. Mais les vaches ne sont pas maigres. Elles ne sont pas en danger imminent et la situation ne réclame pas en tout cas de retrait immédiat du troupeau."
De leur côté, les associations se mobilisent encore et lancent une cagnotte pour tenter de racheter le troupeau. Mais en février 2021 la DDPP confirme que le troupeau a été mené à l'abattoir par les éleveurs. Quatre vaches, qui n'avaient pas été conduites à l'abattoir, ont néanmois pu être sauvées et emmenées dans un refuge.
Les éleveurs de nouveau épinglés
L'affaire aurait pu s'arrêter là, mais en 2022, la triste histoire se répète. Des militants découvrent, photos et vidéos à l'appui, deux moutons enfermés entre deux murets d'environ un mètre. Ces images sont transmises au parquet de Lille.
Les éleveurs sont soupçonnés d'avoir séquestré ces deux moutons non déclarés. Ces "habitués" des prétoires répondront de ces faits aujourd'hui lors de l'audience.
En 2019 déjà, ils avaient été condamnés pour maltraitance. Condamnation qui ne les a pas empêché de poursuivre leur activité.
En marge de l'audience, une manifestation, organisée par différents collectifs ce mardi. Les associations, dont L214 dénoncent "l'inaction des services vétérinaires" et "la lenteur de la procédure judiciaire" dans cette affaire.













