Livraisons par drones, feux d’artifice, alarmes: une école de Béthune perturbée par la prison voisine

"On voit ça presque toutes les semaines". À Béthune (Pas-de-Calais), la cohabitation entre l'école primaire Pasteur et la prison située à une cinquantaine de mètres à peine vire au cauchemar.
Ce vendredi matin, parents d'élèves, professeurs, élus et habitants se sont mobilisés devant l'établissement pour dénoncer les conditions dans lesquelles les enfants de la commune étudient, avec un mélange de colère et d'inquiétude.
La raison de cette colère? Des incidents récurrents liés à la prison comme la livraison de colis illégaux par drone ou encore plus récemment un épisode qui a fait peur à tout le monde. Des pétards allumés pour fêter la sortie d'un détenu ont déclenché le dispositif de sécurité dans l'école, obligeant les enfants à se confiner et se protéger sous les tables.
"On a tous cru que c'était des coups de feu. (Les élèves et leur professeur) se sont tous cachés et il y en a qui ont fait des crises d'angoisse", explique Ilona, élève à l'école Pasteur de Béthune.
"On doit se sentir en sécurité quand on les conduits à l'école"
Finalement, et fort heureusement, tout le monde est sain et sauf dans l'école mais cela illustre les difficultés au quotidien. "On voit ça presque toutes les semaines, on se dit que c'est normal", poursuit même la jeune fille au micro de BFM Grand Lille.
"Le problème, c'est que cela fait un petit moment qu'on est embêtés par ces jeunes qui passent au-dessus des toit des maisons", rapporte Delphine, une autre mère de famille. Car il y a environ un an, un individu s'était introduit dans l'école pour livrer des colis mais avait fait une chute mortelle du toit.
"On doit se sentir en sécurité quand on les conduit à l'école, estime Stéphanie, une parent d'élève devant l'école ce vendredi matin, mais après le mail qu'on a reçu hier de la directrice je vous avoue que ça fait un peu peur de se dire 'sont-ils vraiment en sécurité'? N'y aura-t-il pas un jour quelqu'un qui va entrer, et il pourrait se passer quelque chose", dénonce cette dernière.
"J'attends que ça bouge, que quelque chose soit fait. Ce n'est pas possible, on ne peut pas rester comme ça. C'est trop dangereux, aussi bien pour les riverains que pour les enfants", dénonce Fabienne, ancienne employée de l'école Pasteur de Béthune.
Des travaux promis il y a un an
Face à cet incident de trop, le maire de la commune, Olivier Gacquerre, a donc appelé au rassemblement ce matin pour montrer sa colère et "exiger la réalisation de travaux à l'intérieur de la maison d'arrêt".
"Du côté de la cour des détenus, pour empêcher la remontée de colis qui font l'objet d'incivilités en permanence (...) de jeunes qui montent sur l'école pendant le temps scolaire". Des travaux, "promis par l'administration pénitentiaire il y a un an", rappelle l'édile.
La pose d'un filet au-dessus de la cour de la prison est notamment espérée du côté de la mairie, ou d'un système "au niveau des fenêtres pour que les détenus ne puissent pas remonter les colis".













