BFM Business

Vinci, spécialiste du BTP, des autoroutes... et électricien en puissance

BFM Business Jean-Baptiste Huet
placeholder video
Chez Vinci les services à l’énergie continuent de tirer le chiffre d'affaires du groupe. Plus de 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2021 pour Vinci Energies. C'est deux fois plus que les activités de concessions autoroutières et aéroportuaires. Une tendance lourde qui va encore s'accentuer.

Xavier Huillard, le PDG de Vinci, ne tarit pas d'éloges sur sa dernière acquisition. Pour 4,9 milliards d'euros il a mis la main sur Cobra: l'activité énergie du groupe de construction espagnol ACS, "je les connais depuis 20 ans, c'est le plus beau morceau", explique-t-il. Cobra sera notamment en charge des grands projets énergétiques: des lignes hautes tensions géantes, plateformes d'énergie renouvelables ou encore champs d'éoliennes flottantes… Car oui, dans les actifs de Cobra on trouve notamment un portefeuille d'1 GW d'éolien flottant. Une acquisition qui fait figure de "saut quantique" résume Xavier Huillard. COBRA ne sera pas une filiale mais bien une entité à part entière qui va se loger aux côtes de Vinci Energies.

Ces dernières années, dans le groupe, les services à l'énergie n'ont cessé de monter en puissance. Infrastructures de transport et télécom, approvisionnement en énergie électrique, froid industriel, smart cites, data center, transition énergétique... 300 entreprises ont été acquises par Vinci Energies ces 10 dernières années! "Beaucoup d'affaires sont disponibles" explique Xavier Huillard, "le plus dur c'est de choisir" !

"On est nés électriciens"

L'objectif maintenant c'est d'aller encore plus loin... "On est né électriciens", rappelle le PDG de Vinci. "Autrefois le groupe possédait en effet des barrages hydrauliques et produisait de l’électricité". Et justement, parmi les projets du groupe, l'électrification des autoroutes françaises, il s’agit bien dans les années qui viennent de créer toute l'infrastructure électrique nécessaire au développement massif des bornes de recharges. Un investissement estimé à 60 milliards d'euros sur 15 ans.

Parallèlement, Vinci veut profiter du foncier autour de ses autoroutes pour développer le photovoltaïque et produire sa propre énergie. Car pour assurer dans un proche avenir la recharge des véhicules électriques, il va en falloir beaucoup! Vinci a d'ailleurs commencé à faire ses petits calculs: l'aire autoroutière de Montélimar par exemple, la plus importante de France, aurait besoin de 40MW de puissance pour recharger tous les véhicules électriques en heure de pointe. L'équivalent d'une dizaine d'éoliennes…

"Nous sommes prêts à faire les investissements nécessaires" ajoute Xavier Huillard, une perche lancée à l'exécutif qui cherche comment "moderniser" les contrats de concessions qui doivent arriver à échéance dans les années qui viennent... Un renouvellement des concessions qui ne semble d'ailleurs pas inquiéter Xavier Huillard: "Nous sommes en charge du temps long, les politiques, du court terme".

Une électrification des autoroutes et des installations de bornes qui pour le PDG de Vinci s'apparente à une "répétition générale" avant l'arrivée des futurs réseaux d'hydrogène… Encore un sujet sur lequel planche le groupe avec Genvia, sa coentreprise avec Schlumberger et le CEA. Spécialisée dans les technologies de production d'hydrogène décarbonée. Là encore, le foncier que détient Vinci aux abords de ses aéroports pourrait servir à développer du photovoltaïque afin d'alimenter des électrolyseurs et produire ainsi de l’hydrogène vert. Hydrogène qui pourrait ensuite être utilisé au cœur des aéroports, pour alimenter charriots à bagages, tracteurs d'avions, et peut être un jour les avions eux-mêmes, sans oublier nos voitures avec des futures stations-service à hydrogène.

Les services à l'énergie décidément le nouvel eldorado des groupes de BTP. "Avec leur potentiel colossal" ils pourraient bien contribuer à faire croître encore un peu plus le groupe Vinci, "nous n'avons pas de limite à la taille" conclut Xavier Huillard.