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INFO BFM BUSINESS. Une conseillère d’Emmanuel Macron en piste pour diriger RTE, le réseau électrique français

BFM Business Matthieu Pechberty
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La secrétaire générale adjointe de l’Elysée fait figure de favorite pour la présidence de RTE. Le numéro deux de l’entreprise est aussi en lice.

Le jeu de chaise musicale continue à la tête des entreprises publiques. La nomination de Jean Castex comme PDG de la SNCF a conduit à celle de Xavier Piechaczyk, à sa place, comme PDG de la RATP. Ce choix d’Emmanuel Macron, doit encore être validé par le Parlement. Celui qui est aujourd’hui président de RTE, le Réseau de transport d’électricité, sera auditionné au Sénat le 21 janvier puis à l’Assemblée nationale le 28. Tant qu’il n’aura pas passé cet obstacle élevé compte tenu des jeux politiques, sa succession n’est pas officiellement lancée.

Mais déjà les candidats se positionnent pour sa succession. Selon nos informations, cinq noms circulent dont un revient avec insistance: celui d’Emilie Piette. La secrétaire générale adjointe de l’Elysée fait figure de favorite car Emmanuel Macron aura la main sur la nomination du futur président de RTE. Même si d’après la loi, la nomination du président de RTE est un subtil équilibre.

Pas de validation par le Parlement

Elle doit être "approuvée par le ministre chargé de l’Energie, après proposition du Conseil de surveillance de l’entreprise et délibération positive de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur le respect des conditions d’indépendance fixées par le code de l’énergie", précise RTE.

Complexité supplémentaire: le conseil de surveillance où siègent EDF -donc l’Etat actionnaire, et la Caisse des Dépôts. En revanche, le choix du président de RTE n’a pas besoin d’être validé par le Parlement, contrairement aux entreprises publiques comme EDF, ADP, SNCF, RATP ou La Poste.

Emilie Piette travaille aux côtés d’Emmanuel Macron depuis deux ans après un passage à Matignon et au ministère de la Transition écologique. Elle a aussi été directrice de cabinet de Sylvia Pinel au ministère du Logement sous François Hollande. L’autre haut fonctionnaire en lice est Sophie Mourlon, aujourd’hui directrice générale de l’Energie et du climat, l’administration centrale du ministère de l’Ecologie. Le nom de Thomas Courbe aussi, est cité par une source bien informée, sans toutefois être confirmé. Il pilote aujourd’hui la DGE, la Direction générale des entreprises à Bercy.

La loi favorise les parachutages

À un an de la fin du mandat d’Emmanuel Macron, les hauts fonctionnaires se bousculent pour la présidence de RTE. D’abord car l’entreprise est publique mais aussi car la nomination de son dirigeant est extrêmement encadrée. Pour assurer l’indépendance de RTE vis-à-vis de son actionnaire EDF (50,1 %), la loi impose que son président n’y ait pas travaillé auparavant.

"La majorité des dirigeants ne peuvent, préalablement à leur nomination, avoir exercé d'activité ou de responsabilités professionnelles dans les autres sociétés composant l'entreprise verticalement intégrée d'électricité ou de gaz […] pendant trois ans avant leur nomination", selon le Code de l’énergie. Paradoxalement, la loi ne favorise pas l’expérience et la connaissance du secteur mais plutôt les "parachutages".

L’autre candidat bien placé est un interne. Il s’agit du numéro deux de l’entreprise, Thomas Veyrenc, aujourd’hui directeur général en charge de l’économie, de la stratégie et des finances. Bras droit de l’actuel président, Xavier Piechaczyk, il a notamment piloté les scénarios de trajectoire énergétiques de la France pour 2035 et 2050. Il a l’avantage de connaitre toutes les problématiques de RTE, notamment l’explosion des raccordements pour les énergies renouvelables.

Enfin Claire Waysand, secrétaire générale d’Engie jusqu’en juin dernier, est aussi sur les rangs, selon plusieurs sources. Elle connait bien le secteur de l’énergie et n’est pas concernée par les restrictions juridiques du code de l’énergie. Mais son passé chez Engie, grand rival d'EDF pourrait jouer contre elle.