Sanction contre Google: Isabelle de Silva a voulu éviter une "politique du fait accompli"

Une décision historique... et technique. L'amende de 220 millions d'euros prononcée lundi envers Google par l'Autorité de la concurrence lui a demandé de se plonger dans les entrailles de la publicité programmatique, qui détermine les réclames affichées de façon automatique sur les sites web.
Pour la présidente de l'Autorité Isabelle de Silva, invitée de Good Morning Business ce mardi, cette sanction a ceci d'exceptionnel qu'elle concerne un sujet jusque-là ignoré par le régulateur.
"C'est la première fois que nous avons pu nous plonger dans ce secteur de l'économie qui est nouveau, qui prend de plus en plus de place, fondé sur des processus d'algorithmes et d'enchères", explique-t-elle.
Investir dans la connaissance
Un sujet complexe qui a demandé des efforts particuliers à ses services, pour révéler le caractère anticoncurrentiel des pratiques de l'entreprise.
"L'un des défis de cette enquête pour l'Autorité de la concurrence, c'était d'arriver à bien comprendre ces processus pour voir si Google jouait de façon équitable, raconte Isabelle de Silva. Pour des sujets aussi complexes, il faut investir en amont dans la connaissance".
La présidente de l'Autorité de la Concurrence pointe également l'importance de la coopération entre les régulateurs, qui doivent "agir comme un réseau articulé, avec des échanges d’informations" pour combattre les abus de pouvoir des géants du web.
La décision de l'Autorité, bien que française, pourra ainsi s'appliquer au-delà de ses frontières.
"Le cas que nous avons traité aujourd’hui aurait pu être traité par la Commission européenne. Mais elle a accepté que la France traite ce cas pour le reste de l’Europe, en quelque sorte", se félicite Isabelle De Silva.
Elle vante également le caractère agile de cette décision qui, si elle n'est pas forcément contraignante financièrement pour Google, a le mérite d'avoir été appliquée avant que les agissements de l'entreprise ne perturbent trop le marché.
"Le but n'est pas de mettre les sanctions les plus importantes possibles. Nous essayons d'avoir une sanction adaptée à la taille du marché, explique Isabelle De Silva. L'enjeu pour nous est d'aller suffisamment vite pour qu'il n'y ait pas une politique du fait accompli avec des concurrents qui auraient été éliminés."











