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ÉDITO. Impôt: il y a de l’électricité dans l’air

BFM Business Raphaël Legendre
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Pour remplir rapidement les caisses de l’État, Bercy est tenté de durcir les taxes sur l’électricité davantage que ce qui est prévu. Gare aux risques politiques.

Avec la baisse des prix de marché, la facture d’électricité aurait dû baisser de 15 à 20% le 1er février. Elle ne baissera au final que de 9%. Enfin si tout va bien… Car l'État pourrait profiter de la baisse des prix pour faire flamber la taxe sur l’électricité. Explications.

Il faut d’abord rappeler que la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité (TICFE) a été réduite en 2022 pour limiter la hausse des tarifs réglementés de l’électricité liée à l’inflation énergétique.

Grosso modo, son rendement a été divisé par deux, passant de 10 à 5 milliards d'euros de recettes. Désormais, l’idée est de revenir au niveau d’avant-crise. On remet la taxe à niveau. 32 euros du MWh et on n'en parle plus.

Mais comme les prix de marchés ont vraiment beaucoup baissé, certains à Bercy et à l’Assemblée se disent qu’ils pourraient se refaire la cerise fiscale en compensant cette baisse des prix par des hausses d’impôts...

Et ce qui est super avec la TICFE, c’est que quand vous l’augmentez d’un euro, elle rapporte 1,20 euro, car en France, où le génie fiscal n'est pas un vain mot, on paye de la TVA sur la taxe électricité !

Mais attention, trop augmenter la taxe sur l'électricité serait prendre un risque politique majeur.

L’Edito de Raphaël Legendre : Impôts, il y a de l'électricité dans l'air - 08/10
L’Edito de Raphaël Legendre : Impôts, il y a de l'électricité dans l'air - 08/10
3:50

Double menace

On nous l’a déjà fait le coup de la hausse cachée, sous Hollande avec la hausse de la fiscalité verte, quand le pétrole était au plus bas. Les taxes sur le diesel ont progressé en sous-main, d'année en année.

Et le jour où le prix du pétrole est remonté, boum! L’automobiliste a payé plein pot. On a remis la taxe carbone par-dessus, et ça a fini par les Gilets jaunes.

Je rappelle par ailleurs que le RN défend une baisse des taxes sur l’électricité et ne va pas manquer de tirer à boulets rouges sur Bercy en cas de hausse trop violente.

Alors bien sûr, le bouclier énergétique a coûté 40 milliards et il est toujours tentant de récupérer quelques milliards faciles. Ce serait une erreur. La prochaine fois, tâchons de limiter directement la dépense. Ce sera plus simple.

Et retenons bien cette leçon: ce que le consommateur ne paye pas, le contribuable finit toujours par le régler. Preuve en est aujourd’hui.