Les Français sont largement satisfaits de leur travail, mais pas au point d’en vouloir plus

Une large majorité des Français est satisfaite de son travail. C’est l'une des conclusions de l'étude publiée ce jeudi par l’Institut Montaigne après avoir interrogé 5000 actifs.
L’étude pointe également que les répondants sont largement contre le recul de l’âge légal de départ à la retraite, dans un contexte de mobilisation forte contre la réforme, et que nombre d’entre eux jugent leur charge de travail excessive.
Les Français n'aimeraient pas moins leur travail qu’avant la pandémie mondiale
77% des Français en poste sont globalement satisfaits de leur travail, selon l’enquête du think tank libéral qui souligne que les résultats sont en contradiction avec l’idée d’une perte de sens ou même d’une “grande démission”. Satisfaits donc malgré une charge de travail qu’une majorité juge plus importante aujourd’hui qu'il y a cinq ans, et qu'un quart d'entre eux juge même excessive. Mais cela ne serait pas lié à la durée. Une mauvaise relation avec ses managers, le manque d’autonomie ou encore la fatigue mentale sont parmi les principales raisons citées par ceux qui ont dit faire face à une charge de travail excessive.
“Le burn out peut donc apparaître à des durées du travail faible,” selon l’étude écrite par l’économiste Bertrand Martinot.
L’augmentation de la pénibilité psychique au travail est un sujet qui a pris de plus en plus de place dans le débat ces dernières années. Les résultats de l'étude “confirment à quel point les conditions de travail contemporaines peuvent peser sur le bien–être physique, et encore plus mental, des travailleurs.” Le nombre d’arrêts maladie en France a bondi l’année dernière, avec 42% des salariés qui s’en sont fait prescrire au moins un, d’après une autre enquête publiée fin 2022 par l’IFOP et la fondation Jean Jaurès. Et l’épuisement ainsi que les troubles psychologiques en sont de plus en plus à l’origine.
L'envie grandissante, née avec la crise sanitaire, de faire plus de télétravail et l'augmentation des "horaires atypiques", c'est-à-dire du travail après 20 heures ou le week-end par exemple, sont aussi parmi les conclusions du rapport.
Les Français refusent de travailler plus longtemps
Sur la question actuellement épineuse de l’âge minimum de départ à la retraite, les Français interrogés par l’enquête semblent être du côté de la rue. La moitié des répondants ont même jugé qu’un départ à 62 ans est déjà trop tardif; 7% seulement soutiennent un prolongement de la vie active.
L’enquête vient corroborer l'impopularité de la réforme des retraites que le gouvernement pousse depuis plusieurs semaines et qui reculerait notamment l'âge de départ légal à 64 ans. Après deux journées de mobilisation qui ont chacune rassemblé plus d'un million de personnes dans l'Hexagone, syndicats et grévistes ont déjà annoncé la continuation de leur mouvement le 7 et 11 février.
62 ans, c’est trop tard? Plus de 40% des actifs aimeraient prendre une retraite anticipée même s'il devait recevoir une pension réduite, d’après l’étude.
“Ce résultat suggère qu’un nouvel allongement de la durée de cotisation pour l’obtention de la retraite à taux plein sans relèvement de l’âge minimum légal pourrait entraîner de nombreux départs précoces avec pension réduite, ce qui diminuerait fortement le rendement financier d’une telle réforme,” dit l’étude.
Enquête après enquête
Les enquêtes sur le rapport des actifs à leur travail se succèdent sans toujours aller dans le même sens. En fin d'année dernière, le phénomène du "quiet quitting" ou “démission silencieuse,” a beaucoup fait parler. La tendance, qui consiste à se contenter de faire le strict minimum au travail, à refuser de s'investir donc, se serait accrue depuis la crise sanitaire.











