L'Europe resserre les rangs, le Kremlin hausse le ton

Cela ne plaît guère au Kremlin de voir les Européens resserrer les rangs derrière l'Ukraine. Il préférerait que le vieux continent ne se mêle pas du dossier ukrainien, qu’il reste en dehors de tout cela.
L’attitude de l’UE irrite à Moscou mais c’est surtout celle d’Emmanuel Macron, ces dernières heures, qui ne passe pas. Pour Sergueï Lavrov, la proposition du chef de l’État sur l’extension de la dissuasion nucléaire représente une "menace".
Vladimir Poutine ne cache pas son agacement. Hier à la télévision nationale, il a rappelé à son homologue français "comment s'était terminée" la campagne de Napoléon en 1812 à Moscou.
Emmanuel Macron, lui répond et l’accuse de faire "un contresens historique", tout en qualifiant le président russe "d’impérialiste révisionniste".
Dans le même temps, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lui accuse le président français de vouloir "que la guerre continue" en Ukraine.
Changement de récit
L’agacement est tel que dans le récit des autorités russes, l’Europe semble désormais être le grand adversaire. C'était jusqu'ici les États-Unis. Un récit qui se répand dans les médias russes ces dernières semaines et qui visiblement trouve un écho auprès de la population.
Selon le centre de sondage indépendant Levada, classé "agent étranger" par le gouvernement russe, non seulement l’attitude envers les États-Unis a commencé à s’améliorer, avec 30 % d’opinions favorables contre 15-16% l’année dernière, mais l’Amérique est désormais mieux perçue que l’UE. Jusqu’ici cela avait "toujours été l’inverse" affirme son directeur.
Apti Alaudinov, haut responsable au ministère russe de la Défense estime que "le moment est venu" pour que soit "l’OTAN s’effondre" soit pour que l’Europe "fasse la paix" avec la Russie.
La Russie enhardie
Le Kremlin donne le sentiment de se sentir galvanisé. Et pourquoi en serait-il autrement? Donald Trump reprend désormais sa rhétorique.
Depuis son appel avec Vladimir Poutine, le président américain a amorcé un rapprochement historique qui fait dire au porte-parole du Kremlin que la "reconfiguration" de la politique étrangère des États-Unis engagée par l’administration Trump "correspond largement à sa vision".
Moscou se félicite, par ailleurs, de l’interruption de l'aide militaire américaine ainsi que du partage de renseignements décidé par Trump et compte bien en tirer profit sur le champ de bataille.
Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, affirme que la "tâche principale" de son pays est de se saisir de cette opportunité pour "infliger un maximum de pertes et de dégâts sur le terrain" aux Ukrainiens.
Selon les analystes, la Russie est déterminée à réaliser de nouveaux gains, ce qui renforcerait sa position lors de négociations. Des discussions entre Kiev et Washington sont prévues la semaine prochaine en Arabie saoudite.













