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Donald Trump convoite les populistes européens

BFM Business Caroline Loyer
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Giorgia Meloni se rêve en interlocutrice privilégiée de Donald Trump pour le compte de l'Union Européenne. La présidente du Conseil italien a été reçue par le républicain dans sa résidence de Floride.

Une visite aussi rapide qu’informelle. La présidente du Conseil italien aurait lourdement insisté pour que la rencontre ait lieu, souligne le New York Times, quelques jours avant la venue à Rome de Joe Biden.

"Je suis ici avec une femme fantastique, la Première ministre d’Italie. Elle a conquis l’Europe", s’est enthousiasmé Donald Trump.

L’échange aurait duré une heure et demie dans l’antichambre de la Maison Blanche. Au menu, selon les observateurs, le sort de la journaliste italienne emprisonnée en Iran mais surtout le futur de la relation entre Washington et l’Europe. Il aurait été question de l’aide à l'Ukraine et de la hausse des droits de douane qui pourrait devenir source de tensions.

La dirigeante italienne se rêve en interlocutrice privilégiée du républicain au nom du vieux continent. Elle se positionne. Sauf qu’elle n’est pas la seule prétendante en lice. Viktor Orban se voit aussi bien murmurer à l’oreille de Trump pour le compte des européens. Il a été accueilli à Mar-a-Lago en décembre et cité en exemple à plusieurs reprises durant la campagne.

Mais comment évoluerons les deux relations? Il existe de potentiels points d’achoppement : la Hongrie cultive une grande proximité avec Pékin et l’Italie consacre moins de 2% de son PIB à la défense. Les deux dirigeants d’extrême droite font la cour à Donald Trump.

Un "populisme agité"

Marine Le Pen, elle, a plus de mal à se positionner. Le temps de l’admiration sans borne est bien révolu.

En 2016, elle était l’une des premières à saluer son élection, y voyant "l'émergence d'un nouveau monde". Un an plus tard, en pleine campagne présidentielle, c’est l’humiliation. Elle se rend à la Trump Tower à New York, mais le nouveau président l’ignore. Elle n’ira pas plus haut que le rez-de-chaussée.

En 2018, petite revanche, Steve Banon l’architecte de la première campagne de Trump est l'invité de son grand meeting de refondation. Cela brouille sa stratégie et Jean Marie Le Pen ne se prive pas de le relever.

"Ça me parait un petit peu paradoxal que Marine ait choisi d’inviter, dans le cadre de sa dédiabolisation, le conseiller le plus radical de Donald Trump” disait-il à l’époque.

En novembre, Marine Le Pen s’est contentée d’un tweet pour féliciter le président élu tout en appelant à ce que "l’Europe se réveille pour défendre les siens". Le protectionnisme du milliardaire autrefois encensé par le RN ne fait plus l’unanimité.

"Donald Trump est devenu négatif pour nous, il donne l’impression d’un populisme agité", confie Jean-Philippe Tanguy.

Musk, l'ingérence décomplexée

Mais jusqu’à présent celui qui s'implique beaucoup dans la politique européenne c’est plutôt Elon Musk. Le milliardaire affiche une proximité de plus en plus grande avec l’extrême droite. Dernière illustration en date, ce weekend, il a estimé que Nigel Farage n’avait pas les épaule pour diriger "Reform UK". Il affirme par ailleurs que Keir Starmer est une catastrophe pour le pays et qu’il devrait partir.

Le patron de Tesla soutient aussi ouvertement l’AfD, seul parti selon lui capable de sauver l’Allemagne. Il a traité d’Olaf Scholz d’"idiot incapable". Il est aussi proche de Giorgia Meloni. Les deux se sont rencontrés à plusieurs reprises.

Reste à savoir dans quelles proportions ses positions influenceront celles de Donald Trump.