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Burger King, Accor, Marks & Spencer… Pourquoi certains groupes n'arrivent pas à quitter la Russie

BFM Business Thomas Leroy , Journaliste BFM Business
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Alors que de nombreuses multinationales ont annoncé leur départ ou au moins la suspension de leurs activités, certains groupes sont incapables de suivre le mouvement… pour des raisons juridiques.

Qui sera la dernière entreprise à rester en Russie? Ces dernières semaines, les multinationales occidentales ont fait la course à celle qui fermera le plus vite ses boutiques ou quittera le plus vite le territoire. D'autres, comme H&M ou Ikea ont largement traîné des pieds avant de finir par craquer…

Il y a aussi celles qui sont bien décidées à se maintenir sur le territoire russe, à commencer par les entreprises françaises comme TotalEnergies, Auchan ou Leroy Merlin. Enfin, il y a celle qui n'arrivent pas à quitter le pays. On peut citer Burger King, une partie des restaurants McDonald's, les hôtels Accor ou encore la chaîne britannique Marks & Spencer.

La raison est finalement simple: ces entreprises ne peuvent pas, légalement, fermer leur hôtels, magasins ou restaurants, qui sont franchisés. En clair, elles ont simplement cédé les droits sur leur concept, leur identité mais leurs activités russes sont gérées par d'autres groupes.

"Conséquences juridiques considérables"

Marks & Spencer est, par exemple, exploité par le groupe turc FiBA en Europe de l'Est. De la même façon, 132 restaurants McDonald's continuent de tourner malgré la décision du siège.

"D'un point de vue extérieur, vous pourriez vous demander 'pourquoi ne ferment-ils pas simplement leurs magasins?' Mais d'un point de vue purement commercial et contractuel, il est très difficile de le faire sans conséquences juridiques considérables", explique à la BBC Graeme Payne, avocat chez Bird&Bird.

Non seulement il y a peu de chances pour que les maisons-mères puissent convaincre les franchisés de fermer mais il probable que l'arrêt des approvisionnements se règle devant les tribunaux avec la quasi-certitude de perdre.

Et quand bien même un tribunal américain ou français ordonne la fermeture, en application des sanctions contre la Russie, quelle est la probabilité pour qu'un tribunal russe s'y conforme à son tour?

Jusqu'à présent, les groupes coincés par ces franchises, très utiles pour s'implanter dans un nouveau marché, se sont contentés généralement de geler leurs nouveaux projets ou investissements dans le pays. Yum Brands, propriétaire de Pizza Hut et KFC, négocie actuellement avec son principal franchisé un arrêt temporaire de l'enseigne de pizza.