New York en Ford Mustang

La Ford Mustang face à la "skyline" de New York. - -
New York, c'est la ville que tout le monde connaît, même quand on n'y est jamais allé. Oui, vous connaissez car elle est omniprésente dans les films ou les séries télé avec ses gratte-ciels, ses taxis jaunes, ses camions de pompiers, ses sirènes hurlantes et ses voitures souvent exubérantes pour nos regards européens! Et traverser la ville au volant d'une légende américaine comme la Ford Mustang, c'est vraiment traverser l'écran.
Ma voiture d'un jour à New York est une Ford Mustang cabriolet, rouge métallisé, avec moteur V6, intérieur en cuir noir et jantes de 18 pouces en aluminium poli. Mon regard européen est forcément impressionné par les proportions de la voiture et son look flamboyant. Alors que je fais mes premiers tours de roues, sur les bords du fleuve Hudson à l'ouest de Manhattan, je me dis que les New-Yorkais que je vais croiser ne se retourneront pas sur cette voiture si courante pour eux.
La Ford Mustang ne séduit pas que les Frenchies

Pourtant, au premier feu rouge, alors que je m'approche du quartier de Soho, en roulant sur Broadway street, un piéton profite de mon arrêt à un feu rouge pour me lancer un "nice!". Autrement dit: "Sympa!"
Un peu plus loin, c'est un chauffeur de taxi a bord de son SUV hybride jaune qui détaille la Mustang. Il se contorsionne derrière sa vitre puis le contact établi, il est hilare, visiblement ravi de se retrouver à l'arrêt à côté de mon bolide!
Cela continuera toute la journée: les livreurs de Chinatown dégainent leur téléphone portable pour photographier la Mustang au milieu des étals de magasins aux inscriptions chinoises. Aux abords de Central Park, un jeune joggeur s'arrêtera même devant mon capot en levant les bras au ciel et en criant: "Damned!", ce qui peut se traduire par "la vache!". Bref, la Ford Mustang ne séduit pas que les petits Frenchies!
Le cheval sauvage du nord-ouest américain

Je m'arrête dans le quartier de Nolita (au nord de Little Italy et de Chinatown) pour une séance photo sur Crosby street. C'est l'occasion d'admirer les courbes de cette Mustang dans la lumière du matin, cette lumière si particulière de Manhattan ou chaque rayon de soleil est réfléchi plusieurs fois sur les nombreuses vitres miroirs des gratte-ciels.
Dans cette teinte rouge métallisé, les immeubles en briques rouges de Nolita se reflètent sur le capot.

La Mustang d'aujourd'hui s'inspire beaucoup de son ancêtre née il y a une cinquantaine d'années. Ford a cédé à la mode rétro mais en réinterprétant avec habileté les lignes originales.
Il y a donc ces phares aux vitres penchées en avant et en retrait de la calandre, cet emblème de mustang galopant qui évoque le cheval sauvage du nord-ouest américain.

On le retrouve aussi le petit cheval sur les flancs, la malle de coffre et les cabochons des magnifiques jantes en aluminium poli.
La Mustang des années 2000 n'a plus rien à voir avec les errements des années 80, 90 et jusqu'en 2004. A cette époque, la Mustang n'en avait plus que le nom et sa ligne était aussi impersonnelle que les japonaises les moins inspirées de l'époque. A partir de 2005, l'esprit de la Mustang est de retour avec une ligne à couper le souffle. Désormais, même la finition est au rendez-vous, pas encore au niveau des références allemandes mais déjà au niveau européen et l'évolution est énorme.
Lignes harmonieuses et finitions au rendez-vous

Au volant, on se sent immédiatement à l'aise. Les gros sièges en cuir vous enveloppent avec moelleux tout en vous soutenant fermement. Il faut bien ça pour pour isoler des énormes nids de poules de la chaussée new yorkaise.
On comprend que les SUV et autres très gros tout-terrains soient omniprésents ici. On a beau être en plein centre ville, les routes sont défoncées, sûrement massacrées par les camions géants qui traversent Manhattan. Une petite citadine européenne ne résisterait pas longtemps à ce traitement et nos suspensions fermes mettraient nos vertèbres à rude épreuve.

L'habitacle de la Mustang est construit avec sérieux, les lignes sont harmonieuses. La finition intérieure n'a plus rien à voir avec les Américaines d'antan un peu rustiques comme on en croise encore beaucoup dans la ville.
Par exemple, les taxis jaunes Ford Crown Victoria qui terminent leur carrière ou les limousines Lincoln noires semblent avoir été fabriquées à la main et sans grand soin, mais c'est désormais de l'histoire ancienne.

En parlant d'histoire, celle de la Mustang mérite qu'on rappelle dans quelles conditions est née la légende. C'était en 1964, et Ford cherche alors à séduire la jeune clientèle qui boude les grosses Américaines.
Le directeur général, Lee Iacocca, s'inspire à l'époque de petites Européennes.

Parmi les modèles qui l'inspirent, on peut citer la Volkswagen Coccinelle. Le but est de créer un coupé sportif de grande série, et donc abordable.
La Mustang des années 60 va marquer un tournant dans l'histoire de l'automobile américaine en ringardisant les voitures-paquebots.
Comment acheter une Mustang?

Pour le moment, vous ne trouvez pas de Mustang dans les concessions Ford au milieu des Fiesta et autres Mondéo. L'Europe n'est pas un continent sur lequel la Mustang est commercialisée.
Elle reste un modèle exotique pour nous, Français, mais les choses devraient changer. Le modèle actuel sera remplacé l'an prochain à l'occasion de son 50e anniversaire et la future Mustang devrait enfin être importée et distribuée par le réseau Ford.

Pour le moment, il faut passer par les importateurs qui achètent aux Etats-Unis des modèles déjà immatriculés et les revendent en France. Cela a un coût, car au prix pratiqué sur son sol natal, il faut ajouter les taxes, le prix du transport en bateau et la marge de l'importateur.
Ainsi, un Américain peut acheter une Mustang à partir de 23.000 dollars, soit 16.700 euros. Mais ne vous attendez pas à acheter votre Mustang en France au prix d'une Clio l'an prochain!

Les frais d'importation, les taxes de douanes et le malus écologique devraient la placer dans la même gamme de prix que les modèles européens concurrents (Audi TT, Porsche Cayman et Boxster, Mercedes CLK, BMW série 4..), soit au minimum 40.000€ et sûrement plus pour la majorité de la gamme.











