Comment des ados parviennent à frauder Vélib’

A Paris, des adolescents parviennent à utiliser Vélib' sans rien débourser. Ils y parviennent avec des codes achetés auprès d'un tiers, notamment sur les réseaux sociaux. Des codes obtenus grâce à des cartes bleues volées. Guillaume en a fait l'amère expérience.
"Deux jours plus tard je m'aperçois que j'ai eu 23 opérations frauduleuses réalisées avec ma carte: 3 achats sans contact plus 20 abonnements Vélib' V-Max à 99,60 euros qui ont été débités de mon compte. 1.992 euros au total", résume cette victime.
"Je m'attendais à 40-50 euros de sans contact, on s'en doute quand on se fait voler sa carte bancaire, mais pas à 2.000 euros. Qu'ils puissent acheter un abonnement à 99,60 euros déjà ça fait beaucoup, mais qu'ils puissent en acheter 20 à la suite sans qu'il y ait la moindre validation... Ils ont pu acheter tant qu'ils voulaient", ajoute-t-il.
Il déplore le manque de sécurité et en particulier l'inexistence du système 3DSecure, un protocole de paiement sécurisé de paiement sur internet. Avec ce système, lors d'un achat le client doit ajouter un code supplémentaire, reçu par SMS par exemple.
Des codes vendus ou diffusés sur Snapchat
Une fois les abonnements souscrits avec ces cartes bancaires volées, les codes d'abonnement sont revendus sur certains sites ou un tiers 5 à 10 euros. Certains sont même diffusés gratuitement sur le réseau social Snapchat. Les ados peuvent ensuite sans problème utiliser les vélos, comme l'explique l'un de ces jeunes ayant recours à ce système.
"C'est le code d'un ami, il me l'a prêté. Le plus souvent j'utilise les Vélib' soit pour aller en cours, aller au foot, aller chercher des amis. C'est plus rapide et c'est moins cher", résume-t-il.
Ce phénomène d'ampleur, notamment dans l'Est parisien, concerne parfois des enfants de moins de 10 ans. Conséquences de cette fraude: des bornes quasi vides ou des Vélib' déteriorés dans certains quartiers.
Face à cette situation, Vélib' a annoncé la semaine dernière renforcer son dispositif anti-fraude. La technologie 3DSecure est "en cours d'installation" promet l'opérateur Smovengo. Après une course de plus de 24 heures, les vélos vont par ailleurs être bloqués.











