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La CFDT accuse Orpea d'avoir créé un syndicat proche de la direction

BFM Business Caroline Morisseau
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Dans un courrier adressé au ministère du Travail, la CFDT demande une enquête sur l'absence d'indépendance d'un syndicat d'Orpea, soupçonné d'avoir été créé par la direction.

Le scandale Orpea ne faiblit pas, une semaine après la parution du livre-enquête Les Fossoyeurs de Victor Castanet, dénonçant les pratiques du groupe. La CFDT demande à la ministre Elisabeth Borne de se pencher sur un mystérieux syndicat qui n'existe nulle par ailleurs que chez Orpea, appelé Arc-en-ciel.

Evoqué dans le livre du journaliste, ce syndicat aurait été créé de toute pièce par la direction du groupe. Il "bénéficiait d'un certain favoritisme et d'une certaine promiscuité avec la direction", explique la CFDT. Selon plusieurs témoignages, élus et salariés proches d'Arc-en-ciel bénéficiaient d'avantages, de primes, de formations ou de renouvellements de contrat.

Autre élément intéressant, la direction aurait tout fait pour évincer les autres organisations syndicales. Certains tracts n'étaient par exemple pas glissés dans les enveloppes envoyées aux salariés avant le scrutin. Parfois, les codes permettant de voter en ligne étaient envoyés à de mauvaises adresses quand il s'agissait de salariés proches de FO, de la CFDT ou de la CGT.

La CFDT réclame la protection des élus

Au vu de tous ces éléments, la CFDT a adressé une lettre à la ministre du Travail Elisabeth Borne lui demandant d'ouvrir une enquête sur le déroulement des élections des organisations syndicales dans le groupe Orpea, et sur le financement du syndicat Arc-en-ciel.

La CFDT suggère aussi au ministère du Travail de se pencher sur les licenciements qui ont eu lieu au sein du goupe. Et pour éviter toutes représailles, le syndicat réclame une protection renforcée pour l'ensemble des élus. "On veut que la direction sache que l'inspection du travail les tient à l'oeil", écrit la CFDT dans sa lettre.

Le ministère du Travail n'a pas tardé à réagir. Dans sa réponse, il indique que "la vérification sur l'absence d'indépendance de l'un des syndicats d'Orpea ne relève pas des compétences du ministère du Travail".

"Seul le juge judiciaire peut se prononcer sur cette question", ajoute le ministère, précisant que "les organisations syndicales viennent d'ailleurs de saisir la justice". Par contre, s'agissant des licenciements qui pourraient être abusifs, le ministère du Travail précise qu'il prendra prochainement contact avec la CFDT pour avoir plus d'éléments.