Fusion Honda-Nissan: quelles conséquences pour Renault?

Le 23 décembre, Nissan a annoncé l’ouverture des négociations avec le géant japonais de l’automobile Honda en vue d’une fusion. Un potentiel partenariat qui n’est pas sans conséquence sur le marché automobile. Et aussi sur Renault, partenaire privilégié de Nissan pendant plus de deux décennies.
Le classement mondial des grands constructeurs va en effet être "chamboulé", résume ainsi Arnaud Aymé, directeur général France de SIA Partners, au micro de BFM Business ce jeudi.
Le nouvel ensemble pourrait devenir "numéro 3 mondial" [voir notre encadré ci-dessous], rappelle Arnaud Aymé qui met cependant en perspective taille du groupe et réussite financière. Volkswagen, géant de l'auto, est actuellement en grande difficulté. En revanche, Renault, petit constructeur, a "beaucoup de succès en ce moment".
Renault bondit en bourse
La fusion Honda-Nissan a justement déjà eu des conséquences pour le groupe français, puisque Renault a vu son cours de bourse bondir de 6% en une semaine. En effet, Renault détient 35,7 % des parts de Nissan. Par conséquent, lorsque Nissan ne va pas bien, cela n’est pas bénéfique pour Renault. Or la situation économique de Nissan en 2024 est particulièrement difficile, avec des pertes de marché en Chine et aux Etats-Unis précise Arnaud Aymé, et des suppressions d’emploi.
Une situation que ce mariage nippon pourrait faire évoluer. La nouvelle de la potentielle fusion a agité les marchés boursiers européens, d’où la hausse du cours de bourse de Renault. Selon les investisseurs, cette fusion permettra à Renault de mieux valoriser ses parts dans Nissan.
Cette année, le groupe au losange a déjà vendu 11% du capital du japonais. Ce désengagement devait se poursuivre car Renault pourrait avoir besoin de renflouer sa filiale 100% électrique, Ampère.
La fusion faciliterait la revente des actions et comblerait l'absence de Nissan dans le développement d'Ampère. A l'origine, Nissan et Mitsubishi devaient investir 800 millions d'euros dans cette filiale, une participation qui semble de moins en moins d'actualité.
Réflexions stratégiques en vue pour le groupe français
Une autre conséquence de cette fusion Honda Nissan se dessine pour Renault: le groupe va se retrouver plus petit en termes de volumes de vente. La fusion pourrait donc l’obliger à réfléchir à sa stratégie. Face à la concurrence de nouveaux venus sur le marché de l'électrique, le directeur général de Renault Luca de Meo a déjà noué des partenariats afin d'assurer son indépendant, notamment trois auprès du chinois Geely.
Mais, nuance Arnaud Aymé, Renault est déjà "un petit constructeur", et la guerre en Ukraine n’a pas amélioré les choses, puisque le nombre de véhicules commercialisés a baissé de 20% depuis l’invasion.
La nouvelle alliance entre Honda et Nissan risque-t-elle de remettre en cause les partenariats de Renault avec Nissan ou Mitsubishi? Renault produit ainsi en Europe les véhicules de Mitsubishi -dont Nissan est actionnaire majoritaire- sur la base de ses propres modèles.
"D’un point de vue synergie industrielle, il n’y a pas vraiment de changement, conclut Arnaud Aymé. On peut imaginer que "le nouvel ensemble Honda et Nissan continue à s’appuyer sur Renault pour sa présence en Europe".
Honda-Nissan, bientôt numéro 3 mondial
Comme nous l’expliquions en début de semaine, le nouvel ensemble Honda-Nissan va bouleverser le classement mondial des grands groupes automobiles. L’ensemble Honda-Nissan pourrait monter sur le podium si l’on compte les ventes de Mitsubishi (638.000 unités de janvier à septembre 2024).
"L’ensemble va former le numéro 3 mondial, autrement dit un géant avec un chiffre d’affaire qui dépasserait les 180 milliards d’euros", explique Arnaud Aymé. Honda-Nissan se placerait alors derrière Volkswagen (6,5 millions) et Toyota (7,9 millions).












