Henri Seydoux (Parrot): "nos drones garantissent la souveraineté de nos données"

La bataille des drones fait rage. Face aux géants chinois, parmi lesquels DJI, le français Parrot veut faire barrière à cette concurrence avec un argument de taille: la protection des données. Aujourd'hui, les drones sont des outils industriels et de défense qui veillent sur des infrastructures sensibles, ils font de la surveillance ou du renseignement.

Le groupe, qui a signé des contrats avec des groupes industriels, mais aussi avec les armées française et américaine, présente l'Anafi Ai, un modèle de 900 grammes connecté en 4G bourré de réseaux de neurones. L'appareil fonctionne de manière autonome dans toutes les conditions et dans des environnements complexes grâce à une intelligence artificielle.
"Il sert à la maintenance de lignes à haute tension, de réseaux télécoms, de centrales nucléaires ou d'éoliennes terrestre ou offshore, explique Henri Seydoux, fondateur et PDG de Parrot. C'est un appareil sensible qui collecte des données sans souffrir de coupure. Il est connecté en 4G mais aussi à Internet pour communiquer avec des serveurs".
"Les solutions chinoises sont obscures"
L'Anafi AI se distingue par sa puissance. Il dispose d'un capteur stéréo à double objectif de 48 mégapixels, d'une autonomie de 32 minutes et dispose d'un processeur dédié à la sécurité pour éviter les attaques.
Mais surtout, ce drone 4G sécurise les informations. Il garantie la souveraineté des données qu'il collecte et celle qu'il utilise pour remplir ses missions. Les liaisons entre le drone et le téléphone sont cryptées.
"La souveraineté des données est essentielle, on offre un moyen de les sécuriser", affirme Henri Seydoux. "Les solutions de nos concurrents chinois sont très obscures. Les Américains sont très sensibles à cette obscurité, mais hélas, l'Europe il n'a pas encore cette inquiétude".

Cette approche a déjà séduit les militaires. Parrot a été sélectionné par le Pentagone pour participer, avec cinq autres sociétés, à un programme destiné à développer la nouvelle génération d'engins de reconnaissance pour l'armée américaine.
En France, la DGA l'a choisi pour équiper les trois armées (terre, air, mer) de micro-drones de reconnaissance et de surveillance. Une première commande de 300 appareils a été passée. Conçus en France, ces drones sont fabriqués aux Etats-Unis, mais n'intègrent aucun composant en provenance de Chine.











