Fusion TF1/M6: Martin Bouygues répond sèchement aux accusations de Xavier Niel

Entre Martin Bouygues et Xavier Niel, cela n'a jamais été l'amour fou. Les deux patrons ferraillent depuis des années à coups de procès, d'attaques et de piques ad hominem sur le terrain des télécoms. Mais aujourd'hui, l'affrontement se déplace sur celui de la télévision avec le projet de fusion entre TF1 (propriété du groupe Bouygues) et M6.
Devant les sénateurs, Xavier Niel a dit tout le mal qu'il pensait de cette perspective qui pourrait donner naissance selon lui à "un monstre qui fera régner sa loi sur le marché de la publicité". Le patron d'Iliad (Free) s'est notamment interrogé sur le poids combiné des deux géants de l'audiovisuel français, craigant un monopole de fait, dans la publicité (75% de parts de marché) et l'information.
"Ces deux groupes sont ultra dominants en France sur le fait de nous amener de l'information. Cette ultra domination économique, et en termes de pluralisme, devrait normalement susciter un certain nombre d'interrogations", a-t-il déclaré.
"Il ramène tout à des histoires d’argent, à son argent"
Interrogé dans la foulée, Martin Bouygues martèle que: "ce n’est pas un projet de puissance politique, économique ou médiatique. Mais c’est un projet de souveraineté".
Et d'ironiser sur les attaques de son contradicteur. "Il a beaucoup employé le terme de monopole, alors que le service public est plus gros. Il ramène tout à des histoires d’argent, à son argent".
Alors que Xavier Niel estime que ce risque de monopole entraînera mécaniquement une hausse des tarifs publicitaires pour les annonceurs (et donc pour son groupe soit un risque qualifié de "colossal"), Martin Bouygues explique que "le rapport de force coût-efficacité voulu par les annonceurs ne nous octroie pas une liberté si grande pour augmenter les tarifs".
"Il faut croître pour résister et construire l’avenir"
Tout en ajoutant que Iliad avait seulement dépensé "4 millions d’euros" en espaces publicitaires sur TF1 l'an passé. "Je pense qu’il n’est pas tout à fait en péril" raille l'industriel.
"Ces 35 dernières années, nous avons défendu le groupe TF1. Je continue avec cette philosophie: aujourd’hui, il faut croître pour résister et construire l’avenir. Je ne suis pas là pour sauver le reste de la planète" a encore ajouté acerbe Martin Bouyges. Qui rappelle que TF1 est aujourd'hui un "nain" face aux GAFAM qui "mettent à mal le modèle économique de la télévision" dont les revenus ne cessent de chuter.
TF1 a ainsi vu les siens passer de 1,5 milliard d'euros en 2011 à 1,1 milliard l'an passé. De quoi légitimer totalement cette fusion. CQFD.











