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Camaïeu: le fichier clients ne sera finalement pas mis en vente aux enchères

BFM Business Olivier Chicheportiche , Journaliste BFM Business
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En cause, les complications liées au respect du RGPD (le règlement général sur la protection des données personnelles).

Après une première vente aux enchères des produits de Camaïeu dans les locaux de Mercier à Vendeville (Nord) qui avait permis à Noz d'acquérir près de 2 millions de pièces pour 4,2 millions d'euros, une seconde vente doit être organisée ce mercredi.

Cette fois, ce sont les actifs immatériels de l'entreprise liquidée qui vont être mis à l'encan. Mise à prix: 500.000 euros.

Outre les droits de propriété intellectuelle de la marque, les logos et les noms de domaine Internet, devait être proposé le fichier de clients actifs comportant pas moins de 3,8 millions de noms. Un bel actif pour un éventuel repreneur.

Obstacles juridiques

Mais ce fichier a été finalement retiré de la vente. "Compte tenu des contraintes liées au respect de la législation RGPD, (le règlement général sur la protection des données personnelles, NDLR), en accord avec les organes de la procédure judiciaire, nous avons été contraints de renoncer à la mise aux enchères de ce lot", explique au Monde Patrick Deguines, commissaire-priseur de la maison Mercier.

Si un fichier clients est un actif comme un autre, le repreneur ou l'exploitant de ce fichier aurait dû obtenir à nouveau le consentement des millions de personnes inscrites dans ce fichier dans le cadre du RGPD.

Il a également l'obligation de proposer à ces clients le droit de supprimer leurs données à tout moment, limiter l’usage des données à une finalité ou aux finalités mentionnées lors de la collecte et permettre au client d’exercer ses droits d’accès aux informations.

Des procédures complexes, longues et coûteuses qui constituent autant d'"obstacles juridiques" empêchant la vente, estime Patrick Deguines. Le lot a donc été retiré "par précaution", ajoute Yvon Perin, mandataire judiciaire chargé de la liquidation de Camaïeu.