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Des assurances contre le harcèlement scolaire

BFM Business Marion Huguet et Blandine d'Aléna avec Jérémy Bruno
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Cours à domicile, frais d'avocat, nettoyage des réseaux sociaux... Des assureurs couvrent désormais le harcèlement scolaire.

Les compagnies d'assurance sont de plus en plus nombreuses à proposer aux parents une assurance qui couvre le risque de harcèlement scolaire. Nora Fraisse a perdu sa fille Marion il y a huit ans: l'adolescente s'est suicidée parce qu'elle était victime de harcèlement au collège. Depuis, sa mère se bat à travers son association Marion La main tendue afin d'éviter que d'autres drames se produisent. Pour cela, Nora Fraisse vient de créer une assurance contre le harcèlement scolaire.

"Qu'est-ce qui revenait toujours? C'est 'j'ai besoin d'une protection juridique, d'un vrai avocat' et ben on va le faire. Une des conséquences du harcèlement et du cyberharcèlement, c'est le décrochage, donc nous on est pour le raccrochage scolaire", explique Nora Fraisse à BFMTV. "Mais ce n'était pas simplement une assurance que je voulais, c'était des garanties", ajoute-t-elle.

18 euros par an

L'assurance, nommée "Kolibri", a été mise en œuvre avec l'assureur Wakam (anciennement La Parisienne Assurances). Pour 18 euros par an et par enfant, cette assurance permet, par exemple, une prise en charge des frais d'avocat à hauteur de 1000 euros lorsque le harcèlement est porté devant les tribunaux, dix séances chez un psychologue ou une prise en charge des frais de cours à domicile. Elle propose aussi un "bouclier e-réputation" pour le "nettoyage" des réseaux sociaux.

"Les enfants se retrouvent face à des usurpations d'identité, [à des] vols de photos. Il faut des professionnels pour résoudre ces problèmes-là, soit de manière amiable, soit de manière judiciaire. On a un partenariat avec une entreprise qui va aider les familles à nettoyer ou supprimer les commentaires nuisibles", précise Denis Thaeder, assureur chez Wakam.

Pour l'instant, l'assurance ne compte que très peu de souscriptions individuelles, mais elle couvre déjà un centre scolaire à Villefranche-sur-Saône (Rhône) et ses 1400 élèves. Encore bien loin, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, des 700.000 enfants harcelés chaque année.