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5G: après les Etats-Unis, Huawei pourrait être banni d'Europe

BFM Business Olivier Chicheportiche avec Reuters
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Selon le Financial Times, Bruxelles pourrait d'interdire à ses membres de recourir à des entreprises présentant un risque de sécurité dans leur réseau 5G.

Nouvel avis de tempête pour le géant chinois des télécoms Huawei, un des leaders mondiaux des équipements 5G. Selon le Financial Times, l'Union européenne envisage d'interdire à ses membres de recourir à des entreprises présentant un risque de sécurité dans leur réseau 5G, notamment le groupe chinois Huawei.

Cette décision intervient alors que Bruxelles s'inquiète de voir certains pays membres de l'UE tarder à prendre des mesures en la matière, ont déclaré les responsables au journal.

Certains détracteurs de Huawei affirment que ses liens avec les services de sécurité chinois pourraient faciliter l'espionnage par Pékin, une accusation que l'entreprise et le gouvernement chinois rejettent et considèrent comme motivée par un désir de soutenir des rivaux non chinois (Nokia, Ericsson).

Huawei banni des États-Unis

Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, a indiqué vendredi aux ministres des télécommunications de l'UE que seul un tiers des pays membres avaient mis en oeuvre des interdictions contre Huawei dans des secteurs critiques.

En novembre dernier, l'administration Biden a interdit la vente sur le territoire américain de nouveaux équipements de télécommunication par les groupes chinois Huawei Technologies et ZTE en raison d'un "risque inacceptable" pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Cette interdiction confirmait alors celle mis en place par son prédécesseur Donald Trump. Rappelons que Google a également coupé les ponts avec Huawei précipitant sa chute dans le marché des smartphones où il était numéro 3 mondial.

En France, des dispositifs législatifs "anti Huawei"

En Europe, les craintes vis-à-vis de la firme chinoise ne sont pas nouvelles. En France, en 2019, des dispositifs législatifs "anti-Huawei" visant à préserver "les intérêts de la défense et de la sécurité nationale", notamment dans le cadre de l'exploitation des réseaux mobiles 5G ont été pris.

La France n'a pas interdit explicitement le matériel Huawei pour le déploiement de ces réseaux, mais l'Agence nationale chargée de la sécurité informatique (Anssi) a restreint très fortement les autorisations d'exploitation. De quoi forcer les opérateurs à démanteler des milliers d'antennes 5G installées par l'équipementier.

Dans le même temps, l'équipementier prévoit toujours d'ouvrir une nouvelle usine 5G en France cette année...

Plus tôt, le Royaume-Uni et la Suède étaient les premiers pays européens à explicitement bannir Huawei de la quasi-totalité de l'infrastructure nécessaire pour faire fonctionner leurs réseaux 5G.