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Les entreprises prévoient de moins augmenter leurs salariés cette année

BFM Business Valentin Grille
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Le recul de l'inflation détend un peu les négociations sur les salaires. Les primes Macron, elles, ont fait long feu.

Avec le recul de l'inflation, les grandes entreprises respirent un peu sur les salaires. C'est ce qui ressort du dernier barème relatif aux négocations annuelles sur les salaires, réalisé par le cabinet Alixio. Selon l'enquête, les firmes vont abaisser la croissance de leurs budgets salariaux cette année.

S'ils progressaient de 4,9% en 2023 - contre une prévision de 4,5%, signe que les salariés ont eu gain de cause de façon plus importante que prévue - ils vont retomber pour cette rentrée à 2,7% selon les prévisions des entreprises. Jusqu'ici, 2024 a vu les salaires augmenter de 3,5% dans l'échantillon interrogé, contre une prévision de 3,6%.

La pression pour indexer les salaires à l'inflation a aussi baissé, relève Alixio, d'environ 44%. La pression sur les salaires à l'embauche décroit aussi, puisque 59% des patrons perçoivent des pressions sur les salaires au moment d'embaucher un salarié, contre 78% en septembre dernier, et 61% en avril 2023. La tension de recrutement restent élevées, mais moins qu'il y a un an, rappellent les patrons.

Concernant les freins à la hausse salariale, ils dénoncent un coin socio-fiscal - c'est-à-dire le surcoût engendré par une augmentation des salaires - trop fort une fois le SMIC passé. Pour augmenter le revenu disponible de 100 euros, il leur faudrait payer 500 euros. Ils redoutent la hausse du SMIC, majoritairement, mais déplorent aussi la structure actuelle des exonérations.

La prime Macron ne fait plus recette

Autre information du barème d'Alixio, la baisse de popularité de la prime sur le partage de la valeur (PPV), aussi appelée "prime Macron". Auparavant versée en une fois, depuis 2022, elle a été modifiée par la loi de novembre 2023 : désormais, elle peut être versée deux fois dans l'année. Mais surtout, alors qu'elle était défiscalisée, ce régime d'exonération est réservé désormais aux PME de moins de 50 salariés.

En conséquence, les entreprises sont moins intéressées : si 76% expliquent que la loi de novembre ne va rien changer aux pratiques, seules 2% envisagent d'accorder une prime alors que 46% envisageaient une PPV à la même époque en 2023, et qu'elles n'étaient plus que 18%, déjà, début 2024.