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Conclave sur les retraites: Patrick Martin estime qu'"on ne tiendra pas 11 séances à jouer à cache-cache"

BFM Business Timothée Talbi
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Après les départ de Force ouvrière et l'U2P et celui possible de la CGT, le président du Medef appelle les partenaires sociaux et en particulier les organisations syndicales à ne "plus jouer la montre".

Le conclave sur les retraites va-t-il connaître une fin avortée? A peine un mois après le début des discussions entre partenaires sociaux sur la dernière réforme de 2023, Force ouvrière et plus récemment l'U2P ont déjà claqué la porte tandis que la CGT a décidé mardi de proposer à ses instances de "quitter les concertations".

"Je ne désespère pas mais on ne tiendra pas onze séances à jouer à cache-cache, a estimé Patrick Martin au micro de Radio Classique. Je ne désespère pas que chacun abatte ses cartes à un moment donné. Je les ai abattues dès l'origine: équilibre financier."

"J'ai considéré qu'il fallait laisser sa chance au produit même si les perspectives d'aboutir sont minces. Dès l'origine, j'ai posé un certain nombre de conditions : en priorité, que nous nous accordions avec telle ou telle organisation syndicale sur l'impératif de retour à l'équilibre financier."

Le président du Medef regrette notamment que les organisations syndicales "ne se dévoilent pas et veulent faire passer d'autres sujets, qui sont intéressants, avant l'équilibre financier." "Tous les partenaires sociaux et les politiques doivent prendre en compte cette situation des finances publiques qui devient critique, a fortiori avec l'effort de guerre qu'on devrait financer", insiste-t-il.

Elargir la discussion au financement de la Sécurité sociale

Afin de "détendre" les échanges entre partenaires sociaux, Patrick Martin propose notamment d'élargir la discussion "au financement de la Sécurité sociale". "De toute façon, nos régimes sociaux étant épuisés, on ne pourra pas reporter cette discussion, souligne-t-il. Ce sera avant ou après la présidentielle mais je pense que le plus tôt sera le mieux." A ce titre, le président du Medef considère qu'"il n'est pas impossible que tous les partenaires sociaux, dont la CGT, signent un accord sur les groupes de protection sociale qui gèrent les complémentaires santé et en partie les retraites".

"La ligne n'est pas coupée entre organisations patronales et syndicales."

Mais le représentant du patronat semble mettre la pression sur la CFDT qui a, selon lui, "la même responsabilité dans le camp salarial que le Medef dans le camp patronal". "A un moment donné, il faut qu'on ne joue plus la montre, ajoute-t-il. On saura assez vite si les syndicats, en particulier la CFDT, sont capables d'argumenter en disant qu'on est capable de rejoindre l'équilibre financier sans revenir sur l'âge légal de départ à 64 ans qui est probablement insuffisant."