BFM Business

Michel Biero (Lidl): "On constate une stagnation dans la hausse des prix"

BFM Business Frédéric Bianchi , Journaliste BFM Éco
Michel Biero de Lidl

Michel Biero de Lidl - BFM Business

Invité sur BFM Business, le patron de Lidl France constate un ralentissement de l'inflation pour les produits de grande consommation.

Le pic de l'inflation a-t-il été atteint? Après des mois de hausses de prix pour les produits de consommation, la flambée semble être moins intense depuis quelques semaines.

C'est en tout cas ce que constate Michel Biero, le patron de Lidl France.

"Au printemps j'étais assez en phase avec Dominique Schelcher [le Pdg de Système U], je disais qu'on allait certainement finir l'année avec 7% d'inflation, rappelle le patron de l'enseigne. Je disais qu'à la fin de l'été on serait à 5, on y est dans nos rayons chez Lidl on est à 5% d'inflation. Maintenant je trouve qu'il y a une certaine stagnation. Je ne saurais pas vous l'expliquer mais je sens une certaine stagnation."

S'il est encore trop tôt pour évoquer un retour une hausse bien plus modéré des prix, les prévisions pour la fin de l'année ont peut-être été un peu trop alarmistes.

"Il va encore y avoir des hausses de prix sur certains produits, estime Michel Biero. Mais est-ce qu'on sera à 7 ou est-ce qu'on sera à 6% sur la fin de l'année? Aujourd'hui nous sommes bien à 5, il y a déjà eu une très grosse inflation sur ces huit premiers mois de l'année."

"On ne bloque pas les prix"

Alors que les prix à la consommation sont tirés par la hausse des coûts de l'énergie, des transports et des matières premières, ces derniers ont sensiblement reflué ces derniers mois. Des baisses qui commencent peut-être à se refléter dans le prix des produits de consommation.

Pas question pourtant pour les enseignes de lever le pied sur les promotions et les opérations "pouvoir d'achat". La rentrée étant une période cruciale pour la grande distribution, la deuxième plus importante après noël en termes de chiffre d'affaires. D'où l'opération du concurrent Carrefour qui a annoncé ce lundi le blocage de prix d'une centaine de produits de première nécessité.

Un chemin que Lidl ne souhaite pas emprunter.

"Bloquer les prix nous on ne le fait pas car quels sont les produits essentiels?, s'interroge le patron de Lidl. Est-ce qu'un radio-réveil est essentiel? Est-ce qu'on achète un radio réveil tous les lundis matins? Je ne pense pas."

Le blocage des prix oblige de plus le distributeur à faire pression sur ses fournisseurs ou à rogner sur ses marges pour maintenir des prix bloqués dans un contexte inflationniste.

"Quand vous bloquez un prix de produit, si vous vous prenez une hausse, vous bloquez la hausse du prix d'achat, rappelle Michel Biero. Nous on a fait simple, on a fait le fameux coup de pouce. Chaque porteur de la carte de fidélité a 5% de remise une fois par mois, il l'active quand il le souhaite sur la totalité du magasin."

Lidl est l'enseigne qui a le plus profiter de la période d'inflation. Selon Kantar, le groupe a encore gagné 0,2 point part de marché en juillet pour atteindre 7,5%. Le discounter a bénéficié d'un gain de plus de 660.000 clients ces derniers mois.