Cahiers et papeterie: vers une hausse des prix de 15 à 25% l'an prochain

Les unes après les autres, les industries françaises sont frappées par les pénuries de matières premières et par les hausses de coûts de production qu'il s'agisse de l'automobile, du bâtiment, de l'ameublement ou même de la confiserie. Et de fortes hausses de prix se profilent. Exemple dans la papeterie.
"Ces pénuries nous impactent beaucoup", résume pour BFM Business, Eric Joan, PDG du Groupe Hamelin, la maison mère d'Oxford, premier fabricant européen de cahiers (60 millions de produits vendus par an, 400 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 140 pour Oxford) basé à Caen.
+60% en 8 mois pour la pâte à papier
"Nous faisons face à des augmentations sans précédent: le prix de la pâte à papier a flambé de 60% sur 8 mois. C'est la plus forte augmentation jamais observée sur une période aussi courte. Même chose pour les matières plastiques, c'est hallucinant", se désole-t-il.
L'industriel a maintenu ses prix en 2020, mais si rien ne change, la rentrée scolaire prochaine risque de faire mal aux finances des ménages français. "On devra répercuter ces hausses l'an prochain, ça sera du +15 à +25% selon les produits", estime Eric Joan qui appelle notamment "la grande distribution à entendre le message".
Traduction, le dirigeant exhorte les distributeurs (les grandes surfaces représentent 77% des ventes) à relâcher la pression des prix bas lors des négociations commerciales qui s'annoncent donc âpres.
En attendant, le bilan de la rentrée 2021 s'annonce plutôt bon. "Il est un peu tôt pour se réjouir mais à l'activité à la mi-août est meilleure que celle d'il y a un an. On a un secteur très résilient et on a eu un peu de chance. En septembre 2020, le virus était encore en pause, on est passé entre les gouttes. Mais même en tenant compte des difficultés conjoncturelles, les ménages doivent bien s'équiper", explique Eric Joan.
Un marché à 2 milliards d'euros par an
Rappelons que selon GfK, le marché français de la papeterie pèse pas moins de 2 milliards d'euros par an.
Pour autant, face à une concurrence rude de la part des marques de distributeurs et dans un contexte de marges de plus en plus faibles, les acteurs traditionnels comme Oxford doivent se démarquer.
Depuis 2001, le groupe mise ainsi sur le numérique et sur sa complémentarité avec le papier avec une application (Scribzee) lancée en 2017. Elle permet par exemple de scanner et de stocker/partager ses notes manuscrites prises sur différents produits de marque (cahiers, agendas, fiches...) et compte aujourd'hui 2 millions d'utilisateurs et 12 millions de pages scannées depuis son lancement. Ou encore avec un système de révision à travers un e-shop ou des flashcards (fiches connectées) lancées cette année.
"On ne peut pas encore parler d'adoption massive de ces outils", reconnaît le PDG, "il y a encore une marge de progression importante mais on observe chez certains, notamment les professionnels, une utilisation intensive, systématique. Ce qu'on veut, c'est rendre complémentaire le crayon et le clavier, pas le contraire".
Ce pari sur le numérique porte-t-il ses fruits? "C'est difficile à quantifier mais la marque Oxford progresse plus vite dans le segment des cahiers que le marché. Cela veut dire que nous prenons des parts de marché à nos concurrents. Cela nous différencie", souligne Eric Joan.











