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Comment l'équipementier Novares s'est relancé après son redressement judiciaire

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Pierre Boulet, directeur général de l'équipementier automobile Novares, était l'invité ce vendredi matin de Good Morning Business sur BFM Business.

Six mois après son redressement judiciaire, l'équipementier automobile français Novares s'est remis en marche. "Ce n'était pas la solution qu'on avait choisie mais, pour des contraintes de planning entre le besoin de financement et le besoin de redémarrage de l'activité, l'une des solutions qui s'est offerte à nous a été le redressement judiciaire pour contraindre ce planning et arriver à faire un tour de table qui permette le financement du redémarrage de toutes nos usines", a expliqué ce vendredi son directeur général Pierre Boulet sur le plateau de BFM Business.

Une manière de contraindre tout le monde – salariés, actionnaires, créanciers – de se mettre autour de la table. "Je pense qu'on a fait le plus court redressement judiciaire de France, en 29 jours […]. Tout le monde y a mis du sien et ça nous a permis de redémarrer quand les usines des constructeurs [que le groupe fournit en pièces détachées, ndlr] ont redémarré fin mai, début juin". L'entreprise n'a pas connu "d'exode" de ses salariés, a-t-il assuré, car l'entreprise a "géré la crise avant qu'elle ait des effets" et "a fait du préventif plutôt que du curatif".

Toutes les usines du groupe, également touché par la crise sanitaire, ont aujourd'hui repris leurs activités. "Nos 45 usines fonctionnent toutes avec des volumes plus ou moins variés mais, globalement, sur l'ensemble du groupe, on est à 85% du volume de l'année dernière. On est plutôt au-dessus en Chine et aux Etats-Unis, plutôt en-dessous en Europe. En Europe, on a aussi des disparités, plutôt en-dessous en France, plutôt au-dessus en Allemagne", précise Pierre Boulet.

71 millions d'euros pour le PGE

Novares a obtenu en mai un prêt garanti de l'Etat (PGE) de 71 millions d'euros. Face à la crise sanitaire, faudrait-il transformer ces crédits en fonds propres comme le réclament d'autres ? "Si on regarde au niveau macroscopique, la France s'est endettée de 25% de son chiffre d'affaires de l'année précédente. Soit on change d'un cran tous les ratios d'endettement, soit il faut faire une balance entre les prêts et les fonds propres. Imaginer que l'industrie génère 25% de son chiffre d'affaires en résultat net sur cinq ans, c'est un peu une vue de l'esprit. Il faudra qu'il y ait quelque chose".