BFM

"Global warning": le photographe Martin Parr exposé à Paris, deux mois après sa disparition

BFM M. R. avec AFP
Martin Parr, photographe britannique, le 31 octobre 2025

Martin Parr, photographe britannique, le 31 octobre 2025 - JOEL SAGET / AFP

Le célèbre photographe britannique, emporté par un cancer en décembre 2025, est exposé au Jeu de Paume à Paris jusqu'au 24 mai prochain.

La dernière grande exposition préparée par le photographe britannique Martin Parr avant sa mort en décembre s'est ouverte vendredi à Paris, explorant le message politique souvent négligé de sa carrière longue de cinq décennies.

Martin Parr est décédé le 6 décembre à l'âge de 73 ans, après avoir passé sa vie à documenter la Grande-Bretagne et le monde avec un regard à la fois espiègle et sans concession qui captait l'absurdité du quotidien.

Avant d'être emporté par un cancer, il a supervisé jusqu'au bout la préparation "Global Warning", l'exposition qui se tient au musée du Jeu de Paume jusqu'au 24 mai.

"Il était très investi et vraiment enthousiaste", se souvient Louis Little, de la Martin Parr Foundation.

"Martin a toujours dit que la politique était présente dans son travail, déguisée en divertissement, mais qu'il revenait au spectateur d'en extraire le sens", a-t-il précisé à l'AFP.

"Global Warning", un titre en clin d'œil au réchauffement climatique (Global warmimg en anglais), est divisé en cinq sections couvrant les centres d'intérêt du photographe: les loisirs, la consommation, le tourisme, les animaux et la technologie.

Regard ironique

Les 180 photographies présentées illustrent le sens de l'humour ironique - critiqué par certains comme condescendant - avec lequel Martin Parr saisissait sur le vif ses compatriotes, des plages de Brighton aux garden-parties chapeautées, et les habitants des nombreux pays qu'il a visités.

"Il y a une réflexion très structurée sur 50 ans autour de thèmes qui peuvent sembler légers, mais qui dissèquent notre monde occidental et ses dysfonctionnements", explique le conservateur, Quentin Bajac.

Martin Parr "tenait beaucoup à ne pas apparaître comme un lanceur d'alerte, ni comme un photographe activiste", précise-t-il. "Mais en même temps, il était satisfait que nous puissions adopter une lecture plus préoccupée, légèrement plus anxieuse, de ses images".

Conscient de sa propre contribution aux émissions de carbone à cause de ses voyages, le Britannique avertissait depuis des années que les humains étaient "en route vers la catastrophe", selon Quentin Bajac.

"L'état dans lequel nous sommes tous est affligeant. Nous sommes tous trop riches et nous consommons beaucoup trop de choses", avait regretté Martin Parr dans un entretien à l'AFP en novembre à l'occasion de la sortie de son autobiographie Complètement paresseux et étourdi (Michel Lafon).

Le photographe a mis du temps à obtenir une reconnaissance publique et professionnelle. Après avoir intégré de justesse la prestigieuse agence Magnum dans les années 1990, il a souvent eu le sentiment que son travail, et la photographie en général, étaient méprisés en Grande-Bretagne.

De ce fait, la vague d'hommages rendus après son décès "aurait pu le surprendre", estime Quentin Bajac.