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Réforme des retraites: les éboueurs d'Antibes entrent en grève "jusqu'à nouvel ordre"

BFM Côte d’Azur Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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70% des agents de collecte ont débrayé ce mercredi matin pour protester contre le projet du gouvernement.

En temps normal, une quarantaine de camions poubelles sillonnent les rues d'Antibes (Alpes-Maritimes) et des alentours chaque matin. Ce mercredi, seuls deux ou trois ont quitté le dépôt, ont vidé les poubelles et collecté les déchets.

Vivement opposés à la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement, les éboueurs de la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis ont entamé un mouvement de grève "jusqu'à nouvel ordre".

"Nous allons laisser les poubelles au sol et puis voir ce que les dirigeants décident, prévient Max Belleville, agent de collecte et représentant CGT du personnel. Nous rejoignons nos camarades du secteur énergie, du secteur transports notamment, des raffineries, pour mener la lutte et faire disparaître cette réforme, tout simplement."

Un mouvement reconductible

"C'est surtout la ville d'Antibes qui va être impactée, affirme le délégué au micro de BFM Nice Côte d'Azur. Comme on est une Communauté d'agglomération, on a 26 communes à couvrir. D'autres communes, comme Vallauris, vont également être impactées."

Le syndicaliste comptabilise quelque "70% de grévistes" dans son secteur. Si les 30% restant ne manifestent pas leur hostilité à la réforme, c'est parce qu'ils "ne peuvent pas se permettre de faire grève, parce que la vie est chère (...) pour ceux comme nous qui sont au bas de l'échelle".

Le mouvement social enclenché par les agents de collecte est pour l'heure "reconductible tout le mois de mars". Quid de l'impact de la grève sur les salaires? "Nous avons moyen de nous engager grâce à la CGT qui peut nous indemniser en partie", répond-t-il.

Un métier "très usant physiquement"

Si Max Belleville et ses collègues demandent en chœur le retrait du projet, c'est parce qu'ils le jugent "totalement inégal". En particulier sur le plan de pénibilité, pas assez prise en considération à son avis.

Éboueur, "c'est un métier qui est assez dégradant, très usant physiquement, souligne l'intéressé. Nous travaillons en conditions extérieures, dans des horaires décalés, que ce soit très tôt le matin ou très tard le soir". L'intéressé tient à rappeler que "bien d'autres solutions ont été proposées à l'Assemblée nationale" pour combler le déficit annoncé par le gouvernement, en particulier la taxation des superprofits.

Le recul de l'âge de départ à la retraite à taux plein est la cible principale des critiques formulées par les agents de collecte. En l'état actuel des choses, ils peuvent espérer y accéder à 60 ans, contre 55 il y a dix ans, rembobine Max Belleville.

Dégradation

"Nos conditions se sont déjà dégradées et continuent de se dégrader", grince-t-il laconiquement.

Même si la grève venait à s'inscrire dans le temps, Max Belleville ne craint pas particulièrement la réaction des habitants des communes où les déchets sont amenés à s'entasser.

"Je pense qu'ils nous soutiennent en très grande partie", s'avance-t-il, estimant qu'ils sont eux aussi confrontés à l'inflation et aux fins de mois difficiles.