Nice: face au risque de déboulonnage, le sculpteur de la statue de Jeanne d'Arc tacle la "bureaucratie"
La statue de Jeanne d'Arc à Nice. - Christian Estrosi
"S'ils déboulonnent la statue de Jeanne d'Arc, c'est comme s'ils la brûlaient une deuxième fois". Après plusieurs semaines de bataille juridique et administrative, le patron de l'atelier de sculpture qui a réalisé la statue de la Pucelle d'Orléans installée à Nice a dénoncé dans une vidéo publiée samedi 1er février la décision du préfet des Alpes-Maritimes d'ordonner le démontage de l'œuvre, après une décision du tribunal administratif.
La justice a en effet annulé le contrat conclu par la mairie avec l'atelier Missor, basé en Seine-et-Marne, au motif que les règles d'attribution des marchés publics n'avaient pas été respectées puisqu'il n'y avait pas eu d'appel d'offres. Une enquête liée à des soupçons de favoritisme est en cours et une perquisition a récemment été menée dans les locaux de Parcs d'Azur, la régie de la métropole de Nice en charge de la commande.
Le maintien de la statue en bronze, installée en octobre 2024 devant l'église Sainte Jeanne-d'Arc de Nice, est soutenu par la majorité de droite à la métropole et par l'extrême droite locale. La métropole a ainsi fait appel de la décision de la préfecture. Un recours qui ne suspend pas pour autant l'ordre de démontage de la préfecture.
"Un monstre de bureaucratie qui veut noyer les gens"
Furieux quant à la possibilité de voir sa statue déboulonnée, le sculpteur et influenceur Missor, à la tête de l'atelier éponyme, a ainsi dénoncé "la bureaucratie, avec la complicité d'intellectuels de gauche et de profs des Beaux-Arts".
"Le fond du problème, c'est qu'en France, depuis un demi-siècle, on a un monstre de bureaucratie qui veut noyer les gens", peste-t-il encore, affirmant que les œuvres commissionnées par des institutions pour être installées dans l'espace public dans le pays sont toutes "moches".
"Devant la gare de Nice, il y a une espèce de chien qui tient un os...", tance-t-il, en référence à la statue de Totor le chien, réalisée par l'artiste niçois Stéphane Bolongaro. Un personnage décliné en de nombreuses statues à travers Nice et qui a fini par devenir un symbole de la cité des Anges.
Face à la perspective d'un déboulonnage de l'œuvre, une souscription publique pour la racheter et faire en sorte qu'elle ne soit pas démontée a été lancée par l'ancien adjoint André Barthe et Joachim Murat, une personnalité issue de l'ancienne aristocratie franco-italienne. Elle est ouverte à tous. L'initiative est soutenue par Christian Estrosi, qui a estimé que "les déboulonneurs de notre grand destin national peuvent passer leur chemin". 35.000 euros avaient été réunis à la date du 1er février.
L'atelier risque la "faillite" selon son patron
La décision de justice annulant le contrat oblige par ailleurs le prestataire à "rembourser les sommes" perçues auprès de Parcs d'Azur. L'atelier Missor devait au total toucher 170.000 euros pour la réalisation de la commande et a fait appel de la rupture du contrat, expliquant sur le réseau X qu'il risquait une "faillite" s'il n'était pas payé.
Vendredi et samedi, des manifestants se sont rassemblés aux abords de l'église Sainte Jeanne-d'Arc à l'appel des partis d'extrême droite d'Éric Zemmour, Reconquête, et de Marion Maréchal, Identités-Libertés, pour défendre le maintien de l'œuvre.













