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Marineland: un rapport assure que les orques sont convenablement traitées, One Voice dénonce "84 pages de platitudes"

BFM Côte d’Azur Sylvain Allemand avec AFP
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Le rapport d’expertise ordonné par le tribunal de Grasse à la demande d'One Voice a été rendu, ce lundi 7 avril. Il indique que les orques sont traitées aussi bien que possible dans le parc aquatique.

Une longue expertise judiciaire sur les conditions de vie des orques du Marineland d'Antibes a conclu qu'elles étaient conformes aux normes en vigueur et que les spectacles constituaient des dérivatifs utiles pour les cétacés en captivité, a appris BFMTV.com, confirmant une information de l'AFP.

Le zoo marin a fermé en janvier mais l'avenir de ses deux orques de 24 et 11 ans, ainsi que de ses 12 dauphins, fait polémique, entre la direction qui veut les envoyer au plus vite dans d'autres parcs en Espagne et les associations qui réclament la création d'un sanctuaire pour les laisser vivre en semi-liberté.

"84 pages de platitudes"

L'expertise avait été obtenue en septembre 2023 par One Voice, après des années de bataille judiciaire. Selon l'association, ce rapport correspond à "84 pages de platitudes malgré des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des orques au Marineland d’Antibes".

La justice avait demandé aux experts de se prononcer sur la qualité de l'eau et des installations, ainsi que sur la capacité des orques Moana et Inouk, et par extension Wikie et Keijo, à continuer les spectacles.

Pour les experts mandatés par la justice, "les spectacles sont des dérivatifs comportementaux et stimuli utiles" et leur suppression ou toute limitation des interactions avec les soigneurs "entraîneront probablement une aggravation des troubles de type stéréotypie, voire provoqueront peut-être des attitudes anxieuses, dépressives ou agressives".

Quant à l'eau et aux installations, elles "restent compatibles avec les normes sanitaires minimales pour le bien-être des orques dès lors qu'elles sont maintenues au niveau d'exigence actuel".

"Nous déplorons donc le manque de recul et de regard critique des deux experts diligentés par la cour vis-à-vis des éléments transmis - de mauvaise grâce - par Marineland", a réagi One Voice, dans un communiqué consulté par BFMTV.com.

"Des incohérences" dans le rapport

Pour l'association ces conclusions sont incohérentes avec les éléments relatés par le rapport. "L’ensemble des éléments contenus dans les documents d’expertise démontre que la gestion des orques au Marineland d’Antibes est marquée par une accumulation d’erreurs diagnostiques, un suivi médical défaillant et une gestion des infrastructures en décalage avec les besoins réels des animaux".

Alors que Marineland est fermé depuis trois mois et que les contrats des salariés vont bientôt expirer, la direction insiste désormais sur "l'extrême urgence" de transférer les orques et les dauphins vers des parcs espagnols, seule solution immédiatement opérationnelle.

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, assure depuis février travailler avec ses homologues espagnol, italien et grec pour la création d'un sanctuaire marin européen, mais aucun site n'est prêt.

L'association Sea Shepherd France a proposé 5 millions d'euros pour maintenir les orques à Antibes en attendant une solution, estimant que la poursuite de leur exploitation commerciale en Espagne constituerait une "trahison fondamentale de l'esprit" de la loi de 2021 sur le bien-être animal.

"Dans ce rapport, comme au cours de toute l’expertise judiciaire, la souffrance de chacune des 4 orques s’est révélée criante. One Voice a mené huit années d’un combat qui n’est pas terminé. Nous allons suivre Wikie et Keijo mais aussi faire en sorte que la souffrance indicible endurée par Inouk et Moana puisse épargner le même calvaire aux autres orques captives”, a conclu Muriel Arnal, présidente de One Voice.