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Manifestation "No border" à Gap: un collectif dénonce le déploiement "démesuré des forces de l'ordre"

BFM DICI Louis Chahuneau
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Le collectif du squat "Chez Roger" à Gap estime que la préfecture a joué sur la peur pour justifier l'interdiction du rassemblement le 27 juillet dernier.

Ils n'ont pas digéré cette journée du 27 juillet. Le collectif du squat "Chez Roger" à Gap a publié ce mardi un communiqué pour critiquer l'interdiction émise par la préfecture des Hautes-Alpes de manifester dans le centre-ville le 27 juillet dernier.

Près de 250 "No-border" de nationalités différentes avaient prévu de rallier Gap après une marche de 4 jours initiée à Clavières (Italie) pour dénoncer la politique migratoire de l'Etat et de l'Union européenne. Mais craignant des troubles à l'ordre public après des "violences caractérisées par des jets de pierres" à Briançon deux jours avant, la préfecture avait décidé d'interdire le rassemblement.

Le 27 juillet, un important dispositif de sécurité, avec plusieurs compagnies de CRS et un camion à eau avaient notamment été déployés dans le centre-ville de Gap.

Ce qui n'a pas empêché quelque 200 militants "No border" de manifester à Gap dans les zones de Tokoro, du parc de la Pépinière et de la gare, où des heurts entre manifestants et forces de l'ordre avaient éclaté.

Un "déploiement complètement démesuré"

Près de 3 semaines après, le collectif "Chez Roger" (du nom du maire de Gap, Roger Didier, propriétaire du bâtiment squatté) a souhaité revenir sur cette journée. "Le déploiement complètement démesuré des forces de l’ordre à été d’une violence jamais vue à Gap", écrit-il dans un communiqué transmis à BFM DICI.

Il ajoute qu'"en aucun cas, la manifestation n'avait pour intention de "casser" le centre de Gap, les vitrines ou autres fantasmes et peurs infondées, imaginés et montés en épingle par la préfecture". Selon le collectif, la manifestation avait pour but de visibiliser "l’incompétence des structures d’État (...) censées assurer la protection des personnes vulnérables sur le sol français, l’accueil et le suivi dans la dignité des personnes arrivante".

Le collectif "Chez Roger", qui est soumis à un commandement de quitter les lieux avant le 16 septembre va organiser un concert de soutien le 25 août. L'ancien bâtiment vide de l'agence pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) est actuellement squatté par des migrants. Le collectif y organise régulièrement des permanences médicales et des collectes de dons alimentaires pour leur venir en aide.