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Disparition d’Émile: cinq mois après, les enquêteurs toujours mobilisés

BFM DICI Valentin Doyen
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Cinq mois après la disparition du petit Émile, la cellule d’enquêteurs poursuit un minutieux travail de recoupage des informations. Des hypothèses sont abandonnées mais "d’autres portes sont encore grandes ouvertes" confirme un gendarme.

Les nuages sont bas. Le ciel est laiteux. Et on devine presque difficilement la chapelle Saint-Pancrace qui joue à cache-cache au loin du hameau.

Impossible à cette époque de ne pas mettre un pied dans une flaque d’eau ou de se cramponner lors d’un passage sur une plaque de verglas piégeuse laissée sous une couche de neige durcie.

"Il n’y a pas un chat. Tout le monde reste chez soi devant le poêle" résume un habitant du Vernet. "Le village a retrouvé sa quiétude et la pression est bien retombée" jure un autre.

Cinq mois après le début de l'affaire Émile, il est difficile de s’imaginer que la commune est secouée par une disparition d'enfant si médiatique. Sauf, peut-être, lorsque des villageois reconnaissent des journalistes au détour du vieux four banal.

"De toute façon, vous ne dites que des conneries!" attaquent ces deux habitantes avant de prendre le temps de briser la glace. "Pourquoi donnez-vous la parole à des gens qui n’y connaissent rien et qui accusent sans savoir? Le jeune agriculteur que tout le monde accuse n'était même pas là au moment de la disparition. Et Émile, on est certain qu’il était là et que c’est bien lui que des témoins ont vu descendre vers le lavoir?" assène une quadragénaire au ton mitraillette.

Plus tard dans la discussion, on comprend que ces deux riveraines sont les tantes du jeune agriculteur chez qui des perquisitions ont été menées à Roussimal mi-octobre. Les deux habitantes n’en diront pas plus, refusant de témoigner publiquement pour "répondre aux ragots".

Émile encore dans toutes les têtes

Le sujet "Émile" est dans toutes les têtes. Et il ne faut pas longtemps lors d’un échange verbal pour que les villageois déversent le torrent d’émotions qu’ils ont sur le cœur. "On se demande si les enquêteurs enquêtent toujours? Ces ouvriers qui travaillaient dans une maison en travaux, on en entend plus beaucoup parler…" persifle un habitant qui passe neuf mois de l’année au Vernet.

Cet été, c’est dans cette maison justement que les gendarmes ont détruit une dalle en béton réalisée au moment de la disparition du petit garçon par quatre ouvriers. Des ouvriers originaires des pays de l’Est, comme la Bulgarie, salariés d’une entreprise basée autour de Marseille et venus effectuer des travaux dans une maison récemment rachetée.

Ils font partis, comme d’autres, des personnes présentes au moment des faits. Certains déplacements de véhicules sont aussi analysés de près et ils ne concernent pas uniquement les tracteurs ou les simples allées et venues d'un jeune agriculteur qui fait tant parler et écrire.

Quinze enquêteurs mobilisés

Discrets depuis la trentaine de perquisitions menées partout en France et essentiellement dans le pays dignois en novembre, les "super-gendarmes" de la section de recherches (SR) de Marseille n’en restent pas moins mobilisés. Ils sont quinze à travailler sans relâche jour et nuit. Si aucun élément déterminant ne ressort pour l’instant, de nombreuses vérifications restent encore à faire.

"Cela nous permet à ce stade de fermer des portes supplémentaires. On en ferme toutes les semaines, tous les jours" indique simplement l’un d’entre eux.

Des portes qui innocentent définitivement des habitants du Haut-Vernet? Silence radio. Le 23 novembre dernier, Marie, la maman d’Émile, lançait un appel déchirant à la veille de l’anniversaire de son petit garçon. Elle implorait celui ou celle qui connaît la vérité à se manifester. Selon nos informations, aucun indice supplémentaire n’est arrivé jusqu’aux forces de l’ordre à ce stade.

Emile : la mise au point de sa famille - 03/09
Emile : la mise au point de sa famille - 03/09
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Et envers la famille? Silence radio, une fois de plus. De nouvelles investigations auront lieu dans les prochaines semaines. Les enquêteurs ne s'interdisent pas de ratisser de nouveau les alentours du Haut-Vernet, maintenant que la végétation a perdu de son éclat. "Et puis Noël, c'est aussi le moment où les gens parlent, se confient" conclut une source qui suit l'affaire depuis le premier jour. Avec toujours l'espoir de percer le mystère de cette disparition d'enfant.