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Supporter corse éborgné: le policier se pourvoit en cassation après deux condamnations aux assises

BFM Sabrine Mimouni
Maxime Beux, lors de l'ouverture du procès du policier accusé de l'avoir frappé à coups de matraque, au tribunal de Assises à Reims le 4 octobre 2022

Maxime Beux, lors de l'ouverture du procès du policier accusé de l'avoir frappé à coups de matraque, au tribunal de Assises à Reims le 4 octobre 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP

Le policier Christophe Mercier, condamné deux fois de suite à deux ans de prison avec sursis pour avoir éborgné le supporter bastiais Maxime Beux lors d’échauffourées survenues à Reims en février 2016, a formé un pourvoi en cassation.

Une affaire qui dure. Après avoir été condamné en 2022 à deux ans de prison avec sursis pour avoir éborgné Maxime Beux, un supporter du SC Bastia, en marge d'un match face à Reims en 2016, le policier Christophe Mercier a fait appel. Il a de nouveau été condamné à deux ans de prison avec sursis, comme en première instance, vendredi 10 octobre dernier. Mais ce dernier a déposé un recours en cassation vendredi 17 octobre, a annoncé l'avocat de Maxime Beux, maître Benjamin Genuini.

Pour rappel, la cour d'assises de l'Aube, qui a reconnu le policier coupable de violence avec arme ayant entraîné une infirmité permanente en deuxième instance, a suivi le réquisitoire de l'avocate générale, en lien avec le jugement de première instance de la cour d'assises de la Marne en 2022.

Selon la défense, le policier de 53 ans "a juste fait son boulot dans des conditions difficiles", avait lancé maître Nicolas Brazy, l'un de ses avocats, qui avait à nouveau plaidé l'acquittement au cours de la deuxième instance.

Coups de matraque et retard de soin

Les faits remontent au 13 février 2016 au terme d'un match de Ligue 1 remporté par Bastia et qui a donné lieu à des tensions entre supporters et policiers dans le centre-ville de Reims.

Après avoir reçu un jet de fumigène avec ses collègues, le policier s'est lancé à la poursuite du supporter corse qui venait de porter un coup sur le capot de sa voiture, et l'a frappé à l'aide de sa matraque télescopique pour l'interpeller.

Malgré une plaie saignante à l'œil, Maxime Beux, 22 ans à l'époque et originaire de Bastia, a été placé en garde à vue. Sa prise en charge par les secours n'est intervenue que plus d'une heure plus tard. Son œil gauche n'a pas pu être sauvé.

Âgé de 32 ans aujourd'hui, Maxime Beux est devenu accompagnateur en montagne et vit avec une prothèse.