Parlement européen à Strasbourg: 70 ans après, pourquoi est-il toujours autant critiqué?

Il y a 70 ans, la première session parlementaire européenne se tenait à Strasbourg. Pour marquer cet anniversaire, la Première ministre Élisabeth Borne est en déplacement dans la capitale alsacienne ce mardi.
Des coûts élevés
En 1952, il ne s'agissait alors que de la Communauté européenne du charbon et de l'acier qui réunissait six États et dont le siège est alors basé à Luxembourg. Mais Strasbourg accueillait déjà le Conseil de l'Europe qui mettait alors à disposition son hémicycle pour l'Assemblée commune de la CECA.
C'est ensuite le 25 mars 1957, avec le Traité de Rome, que le Parlement européen, tel qu'il existe aujourd'hui, est mis en place. Strasbourg devient progressivement le lieu principal des séances plénières.
Depuis, l'installation du Parlement européen à Strasbourg est critiquée, notamment après la construction du bâtiment actuel en 1998. Le coût de l'organisation d'une session plénière, une fois par mois avec les 705 députés européens, est pointé du doigt.
Près de 110 millions d'euros par an sont nécessaires, selon des chiffres de la Cour des comptes européenne, pour permettre le bon fonctionnement du Parlement européen à Strasbourg avec le transport des eurodéputés et du personnel.
Certains eurodéputés dénoncent ces déplacements multiples depuis Bruxelles tous les mois pour participer aux sessions strasbourgeoises évoquant des raisons économiques, mais aussi environnementales.
Refus de l'État français
Le 16 février 2017, une majorité d'eurodéputés adopte ainsi une résolution portant sur "les évolutions et adaptations possibles de la structure institutionnelle actuelle de l'Union européenne". Elle y rappelle notamment "les nombreuses déclarations en faveur d’un siège unique pour le Parlement européen".
Cette résolution avait fait réagir quelques heures plus tard le Premier ministre de l'époque, Bernard Cazeneuve, réaffirmant la place de Strasbourg comme capitale européenne.
Ces remises en cause du siège strasbourgeois n'ont depuis jamais été suivies d'effet. Lors de la crise du Covid-19, les déplacements avaient été interrompus entre Bruxelles et Strasbourg, les députés restant basés en Belgique. Cette situation avait laissé planer à nouveau la menace de la fin du Parlement à Strasbourg.
C'était sans compter sur la vive opposition du chef de l'État, Emmanuel Macron qui avait demandé le retour des eurodéputés en Alsace. Ce mardi, la Première ministre Élisabeth Borne doit signer à la préfecture de Strasbourg une déclaration en faveur de Strasbourg comme "capitale européenne".













