"On va nous expulser": des étudiants étrangers menacés d'être désinscrits de l'Université de Strasbourg

3.879 euros de frais d'inscription. C'est la somme que devront désormais payer les étudiants extracommunautaires (étudiants internationaux ressortissants de pays hors Union européenne), pour s'inscrire à l'université de Strasbourg.
Jusqu'à présent, l'administration pouvait les en exonérer, leur permettant ainsi de régler les mêmes droits d'inscription que les étudiants français et européens, soit 175 euros, indique l'université de Strasbourg. Mais, face au nombre croissant d'étudiants étrangers inscrits cette année, la loi n'autorise plus l'établissement à appliquer cette exemption.
"Non seulement nous n'étions pas informés, mais nous ne sommes pas non plus en mesure de payer ces frais. Où allons-nous trouver cette somme?", s'insurge Gédéon Kwaji, étudiant congolais en droit pénal.
En France, les étudiants extracommunautaires ont l'obligation de s’acquitter de ce qu'on l'appelle les "droits d’inscription différenciés" dans les établissements d’enseignement supérieur publics qui dépendent du ministère de l’Enseignement supérieur.
Si les établissements supérieurs sont en droit d'accorder des exonérations partielles ou totales de ces droits d'inscription, ils ne peuvent cependant exonérer que 10% du nombre total d'étudiants inscrits. Mais alors, comment choisir ceux qui seront exonérés et ceux qui ne le seront pas?
Exception pour les étudiants précédemment inscrits
Pour l'année 2024-2025, l'université de Strasbourg a décidé d'exonérer partiellement de ces droits d’inscription les étudiants inscrits dans un diplôme national du 1er cycle, les étudiants précédemment inscrits à l’Université de Strasbourg et ceux s’inscrivant dans un diplôme national de 2e cycle.
Dans ces cas, ils doivent s’acquitter des mêmes droits d’inscription que les étudiants français ou européens. Pour les autres, ils devront payer la somme de 3.879 euros, sans quoi ils ne pourront pas s'inscrire à l'université de Strasbourg.
"Si l'inscription est annulée, nous n'aurons pas le droit de rester sur le territoire français. On va nous expulser", s'inquiète Gédéon Kwaji.
La situation régulière du Congolais dépend de son statut étudiant. De fait, si les étudiants extracommunautaires ne parviennent pas à régler cette somme et donc à s'inscrire à l'université de Strasbourg, ils perdraient le droit de se trouver sur le territoire national.
Face à la détresse de certains étudiants, l'université a mis en place des aides au cas par cas à hauteur de 1.500 euros. Une somme non négligeable, mais qui ne suffit pas à couvrir la totalité des frais supplémentaires.













