Hyères: les élus veulent la création d'une digue afin de sauver le double tombolo de Giens de l'érosion

"Nous ne voulons pas que la route du sel soit coupée." À Hyères, une quinzaine d'élus et de représentants d'associations se sont rassemblés ce mercredi 21 février pour demander haut et fort au gouvernement d'accorder son autorisation sur les travaux nécessaires pour sauver le double tombolo de la presqu'île de Giens, menacé par l'érosion.
"La création du tombolo de Giens remonte à plusieurs millions d’années (...) Fait beaucoup plus rare, le tombolo de Giens est double, avec deux plages détachées du rivage", explique sur son site la mairie de Hyères à propos de ce phénomène géologique.
Le maire de Hyères et la métropole de Toulon tentent depuis plusieurs années maintenant de réaliser des aménagements pour sauver cette bande naturelle qui relie la presqu'île et le continent. La création d'une digue sous-marine de 400 mètres, située à une centaine de mètres du bord du tombolo pourrait permettre de protéger le site. Mais la métropole n'a, à ce jour, toujours pas obtenu le feu vert du gouvernement.
"Il faut que, politiquement, les ministres fassent comprendre à leur administration que le mieux est l’ennemi du bien. Si on cherche l’idéal, on ne le trouvera jamais, et tout cela sera détruit", déclare Jean-Pierre Giran, maire de Hyères et président de la métropole de Toulon, au micro de BFM Toulon Var. "Jouons l’amélioration, dès lors que son coût est limité et que son impact sur l’environnement est nul."
La route menacée par la houle
En se réunissant ce mercredi matin, les élus espèrent provoquer une réaction du gouvernement. Car les jours du double tombolo de Giens pourraient bien être comptés.
Chaque année, avec la houle poussée par les vents forts, l'eau sort de la mer et vient se déverser dans les salins en passant par la partie ouest du tombolo, surnommée la "route du sel". Mais le phénomène prend de l'ampleur, causant désormais des situations inédites sur la presqu'île.
En novembre dernier, des travaux avaient été lancés pour réparer les dégâts causés par la houle du côté de la plage de l'Almanarre, ou plusieurs tonnes de posidonie étaient venues s'échouer sur la rive, rendant l'accès à la plage quasiment impossible.
"Il y a 25 mètres d'algues au niveau du Robinson. Jamais on n'a vu ça", déplorait alors un riverain.
Plusieurs courriers adressés au gouvernement
Déjà, en 2022, le maire de Hyères avait rappelé l'importance d'agir pour préserver le double tombolo. Des études avaient été mandatées auprès du cabinet international Artelia.
"Nous étions prêts à faire les travaux quand le ministère de l'Écologie a diligenté une inspection, où la question n'était plus de savoir que faire pour lutter contre l'érosion du tombolo, mais finalement, faut-il lutter contre l'érosion du tombolo?" dénonçait alors Jean-Pierre Giran.
Le maire de Hyères avait expliqué, en fin d'année dernière, avoir reçu le ministre de la Transition écologique, qui lui a "donné son accord". Mais depuis, plus rien. "J'attends sa lettre, je ne l'ai pas reçue", signalait Jean-Pierre Giran en novembre dernier.
Une lettre avait également été adressée au président de la République, mais c'est une réponse du préfet que le maire de Hyères avait finalement reçu, lui demandant de réaliser des études complémentaires.
Quelques mois plus tard, la situation en reste au même point, au grand désarroi des élus et associations, qui espèrent désormais être entendus.
"Attendre trois ans l’inspecteur général, qu'il mette ensuite deux ans pour venir nous dire 'il faut des études complémentaires', c'est insupportable", dénonce ce mercredi Gilles Vincent, vice-président de la métropole de Toulon en charge de la protection de l'environnement.













