Pour se conformer à une loi européenne, Whatsapp va permettre aux utilisateurs de discuter avec d'autres applications de messagerie

Un changement majeur réservé à l'Union européenne qui va faire des envieux. Sur Whatsapp, les utilisateurs pourront bientôt discuter avec ceux d'autres messageries. Sa maison-mère, Meta, a annoncé la nouvelle ce 14 novembre. Un changement positif pour les Européens, mais qui n'est pas le fruit du bon vouloir de l'entreprise.
Celle-ci va en effet rendre son application interopérable afin de se conformer au règlement sur les marchés numériques (DMA), en vigueur depuis le 6 mars 2024. C'est l'une des obligations de cette loi qui vise à lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des géants américains du numérique.
Fonction limitée au départ
Les utilisateurs de Whatsapp pourront discuter avec ceux d'autres messageries grâce à une nouvelle fonction baptisée "third-party chats" ("discussions avec des tiers" en français). Elle sera disponible dans les prochains mois, a fait savoir Meta, avec une notification qui s'affichera dans les paramètres pour expliquer comment l'activer. À noter qu'elle sera optionnelle.
À son lancement, la fonction sera cependant limitée à deux autres applications: Birdychat (conçue pour les échanges professionnels) et Haiket (pour des échanges uniquement par la voix). Les utilisateurs pourront s'échanger des messages textuels et vocaux, ainsi que des images, des vidéos et des fichiers. Mais uniquement sur iOS et Android au démarrage, précise Whatsapp sur sa page d'aide dédiée.

Le groupe de Mark Zuckerberg précise que la compatibilité de Whatsapp avec ces deux messageries est le fruit de trois ans de travail entre elles et la Commission européenne. La société avait d'ailleurs donné un aperçu de sa nouvelle fonction en septembre 2024, indiquant que les utilisateurs pourront choisir entre recevoir tous les messages dans un seul et même espace ou voir ceux provenant de services tiers dans un dossier séparé.
Offrir des échanges sécurisés
Les échanges y sont chiffrés de bout en bout afin que seuls les participants puissent y accéder. Meta a indiqué avoir pris le temps de s'assurer que ces messageries tierces étaient sur les mêmes critères de protection de la vie privée et de sécurisation qu'elle.
"Conformément aux exigences du DMA, les applications de messagerie tierces doivent utiliser le même niveau de chiffrement de bout en bout que Whatsapp", a rappelé le groupe californien.
L'entreprise semble ainsi jouer le jeu et se conformer au DMA, mais ce n'est pas toujours le cas. En avril dernier, la Commission européenne lui a infligé une amende de 200 millions d'euros pour avoir enfreint son règlement, en obligeant les utilisateurs à payer pour s'opposer au partage de leurs données personnelles. Une sanction que Meta a contestée en justice.